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H de la semaine 69

 

 

Connaissez-vous la dissonance cognitive ? Les travaux du grand psychosociologue américain Leon Festinger datant des années 50 font toujours autorité. Résumons : en tant qu’animaux doués de raison, nous avons tendance à nous auto-persuader que nos actions, bonnes, mauvaises ou discutables, ont une justification rationnelle quand bien même ce n’est pas le cas.

La meilleure illustration de dissonance cognitive, en dehors du cadre professionnel, reste le ticket de métro. Tous les fraudeurs savent que les gens honnêtes paient leur ticket. De sorte que pour amortir ou s’épargner l’état d’inconfort que leur procure leur acte, les fraudeurs s’inventent autant de justifications pseudo-rationnelles qu’ils le peuvent, multipliant les acrobaties comme la gymnaste les sauts carpés et les pirouettes sur le tapis. Des exemples ? « Vous avez vu le prix des tickets ? C’est du racket ! Ne pas payer une fois de temps à autre rétablit la justice » « Je resquille une fois quand d’autres resquillent tout le temps », « De toutes manières, c’est un service public » etc.

Avait-on toutefois besoin de Festinger (1919 – 1989) pour expliquer ce qu’Esope (620 av JC – 564 av JC), grand inspirateur de Jean de la Fontaine, avait si clairement démontré dans la fable du Renard ? « Un renard affamé, apercevant des grappes qui pendaient à une vigne, voulut s’emparer et n’y arriva pas. Il s’éloigna alors et se parlant à lui-même : « C’est du raisin vert » dit-il. Tels certains hommes que leurs faiblesses empêchent de réussir et qui s’en prennent aux circonstances. »

La dissonance cognitive peut avoir ponctuellement du bon : elle nous permet, de temps à autre, de ne pas être écrasé par nos faiblesses. Sur la durée, elle nous cause cependant du tort : en ne nous remettant pas en question, pire que de ne pas progresser, nous régressons.

C’est dès lors un conseil que nous donnons toujours aux candidats que nous rencontrons : « Assumez au maximum votre parcours, vos qualités comme vos points d’amélioration, vous en sortirez renforcés ! »

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

 
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H de la semaine 68

 

 

Je me souviens - mais je n’ai pas remis la main dessus - d’un texte de Jean d’Ormesson où il expliquait qu’à plusieurs périodes de sa vie il avait été malheureux. Nous l’avons tous été, et le serons encore, pour tout type de raisons qu’il est inutile de détailler ici, que chacun peut imaginer ou se rappeler. Que faire pour amortir le chagrin quand il vous étreint, pour le distraire ou le semer ? D’Ormesson livrait ses remèdes, le premier était dormir, le second aller au cinéma. Il passait ainsi, tel un voyageur en transit, d’une chambre obscure à une salle obscure, dormant douze heures dans l’une, cloîtré (ravi ? transporté ? emporté ?) le reste du temps dans l’autre.

La lecture exige de vous un effort que le cinéma épargne. Un bon film abat très vite ses cartes : il vous empoigne, ne vous lâche plus, vous terrasse parfois. C’est le cas de Call me by your name qui est actuellement en salles. Il raconte l’histoire d’amour d’un adolescent de 17 ans, Elio et d’Oliver un doctorant américain qui vient étudier un été chez le père d’Elio, un grand professeur de culture gréco-romaine. C’est un film d’une beauté renversante, d’une justesse et d’une poésie absolues - qui a parlé de sensualité ? voilà, le mot est lâché. L’Italie, qui en sert de décor, n’y est pas pour rien : que serait-on sans ses soleils, ses cyprès, sa langue, ses marbres de Dieux alanguis, ses 1.001 églises et piazzettas ? La réponse est : pas grand-chose.

L’eau est présente tout au long du film, les fruits, la nature, les livres, Bach et Lizst ; il y a des vélos dépareillés, de vieilles Fiat ridicules, des petits déjeuners de soleil, des conversations érudites sur l’origine des mots, cet étrange poster de Roland Garros 1981 qui représente Bjorn Borg (on est dans ces années là, la bande son est épatante), des parties de volley et des soirées disco sous les étoiles. Les filles n’ont pas le beau rôle : elles ressemblent à des astres secondaires impuissantes à pénétrer l’orbite qui peu à peu absorbe Oliver et Elio en entier. Le réalisateur Luca Guadagnino décrit merveilleusement le trouble, le désir, la peur : doit-on dire à l’autre qu’on l’aime ? Souffrira-t-on davantage de le lui dire ou de le taire ? Faut-il effacer ou conserver ses souvenirs - vivre avec tout, les joies comme les peines ? Des réponses sont suggérées, par le père d’Elio dans une scène bouleversante, par une amie d’Elio qui l’aime - et qui en pleure et qui en rit. Il y a d’autres moments magiques : Oliver et Elio se révélant, se dérobant et se frôlant autour d’un affreux monument de commémoration à la guerre de 14 et puis le dernier plan du film : Elio (phénoménal Timothée Chalamet) pleure, il pleure longtemps en gros plan sur la musique de Sufjan Stevens - et c’est interminable, c’est sublime et c’est poignant.

Francis Ford Coppola avait dit il y a quelques années qu’il n’y avait plus de cinéma, qu’il n’y avait plus que des films. Call me by your name lui apporte un étincelant démenti. Le cinéma n’est pas mort. Faites passer...

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

 
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H de la semaine 67

 

 

Très longtemps, Skype n’a pas eu droit de cité au sein des cabinets de recrutement. Les chasseurs en voulaient à peine, leurs clients pas du tout. Pris entre deux feux, les candidats hésitaient. C’était normal : comment produire, via Skype, une vraie première impression ? Comment apprécier, sur la foi d’images qui le réduisent de moitié pour n’en livrer qu’un visage et un tronc, un candidat et en mesurer l’épaisseur, la densité ou l’éclat ? A travers les écrans, soumis à des aléas technologiques qui figent parfois les interlocuteurs à l’instar de la Méduse, les échanges gagnent en immédiateté ce qu’ils perdent en richesse et en profondeur.

Aujourd’hui, ces scrupules et ces atermoiements n’existent quasiment plus : nécessite oblige, qui signifie urgence du business et prise de décision rapide, candidats, clients et consultants s’accordent : ils « Skypent » par ci, « Facetiment » par là. L’image et la vidéo se sont ainsi substitué à l’écrit et à la rencontre ; l’avatar à l’identité.  

Est-ce un bien ? On est en droit d’en douter.

D’abord, parce que rien n’est plus beau que la rencontre et ce qu’elle porte en elle : l’incroyable révélation de l’autre, et partant de soi. Le titre du dernier livre du philosophe François Jullien le dit merveilleusement : Si près, tout autre, qui cite d’emblée Plotin « Si tu supprimes l’altérité, ce sera l’indistinct et le silence ». A l’origine de la conscience de soi, il n’y a pas la réflexion mais l’Autre.

Ensuite, parce que nous craignons tous au fond de nous, de manière confuse, que les machines (d’abord Skype et ses petits frères, bientôt les logiciels qui traquent les mensonges et autres robots), à force de nous seconder, ne nous remplacent : « l’homme est une machine biologique trop lente pour résister à la rapidité d’apprentissage des machines » pronostiquait Stephen Hawking, décédé mardi. Et c’est là, dans cette obsolescence programmée de l’humain plongé dans un monde d’ultra-technologies, le privant de sa raison d’être, que s’ancrent nos peurs nouvelles…

Pour lutter contre et gagner la course à l’intelligence, nous devons être courageux et conserver notre foi en l’Homme : ça tombe bien, c’est le métier d’Hudson et le credo de l’ensemble de nos collaborateurs…

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

 
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H de la semaine 66

 

 

Notre métier, de chasseur et de coach, est paradoxal : nous posons des questions aux candidats et clients que nous rencontrons alors que ce sont eux qui aimeraient nous en poser – car forcément ils s’en posent. S’ils ne s’en posaient pas, nous ne les rencontrerions pas : ils seraient heureux où ils sont et de ce qu’ils sont, ils ne viendraient pas jusqu’à nous, les cabinets de recrutement mettraient la clé sous la porte.

De manière générale, les personnes avec qui nous échangeons ne sont pas angoissées mais anxieuses. L’angoisse est un état ontologique, l’anxiété un état psychologique. Nous ne pouvons pas apporter de réponses à la première ; nous en apportons à la seconde – enfin : nous essayons.

Nous sommes anxieux quand nous vivons dans l’incertitude : c’est vrai dans nos vies personnelles comme professionnelles. Rien n’est pire que l’incertitude : qu’importe au fond si j’ai réussi ou échoué dans ma mission, l’essentiel est de le savoir ; savoir me délivre instantanément de l’incertitude. Nous préférons gérer la déception – « je n’ai pas obtenu la promotion attendue », « le PSG a été éliminé par le Real Madrid » – à l’incertitude – « serai-je promu ? » « le PSG pourra-t-il remonter le 1-3 concédé au match aller ? »…

L’incertitude crée, dans un même mouvement, l’espoir et la crainte. L’espoir fait naître la possibilité de succès – « j’aurai peut-être le poste tant convoité », « le PSG peut gagner 2-0 » - mais dès que nous possèdons quelque chose, quand bien même il ne s’agit que d’une possibilité, grandit à mesure la crainte de la perdre – « et si le PSG perdait 2-1 ? ». C’est un cercle infernal : de l’incertitude naît la crainte qui génère l’espoir qui engendre la crainte etc. Le contraire de l’anxiété est la confiance ; son meilleur remède, l’action.

Aristote faisait de l’action (l’énergie) le fondement de toute sagesse : l’action est sagesse, et la sagesse action. L’action de s’assagir est de commencer à se maîtriser intérieurement : ceux qui sont maîtres de soi (intérieur) sont mieux maîtres de leur destin (extérieur). C’est ce que nous indiquons à nos candidats : c’est aussi ce que nous conseillons au Président du PSG. Il faut d’abord lutter contre soi (vouloir recruter encore et toujours de nouvelles stars pour gagner la Ligue des Champions dès l’année prochaine) pour devenir soi-même (un club équilibré dans ses lignes qui vieillit avec ses jeunes et ses vieux et qui gagnera la LDC dans… les prochaines années) quand, enfin, l’expérience sera devenue conscience.

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

 
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Forum Emploi Seniors 2018

 

 

A Compétence Égale est partenaire de la 10ème édition du Forum Emploi Seniors, organisée par le Medef Ile-de-France qui aura lieu le 7 mars 2018 de 9h à 18h à la Cité des sciences et de l’industrie de la Villette.

Comme chaque année, Hudson (membre et co-fondateur d'A Compétence Égale) se mobilise et participe activement au Forum Emploi Seniors afin d'accompagner et conseiller les seniors dans leurs démarches (simulation d’entretien, conseil CV, orientation professionnelle, etc.).

Au-delà de la mise en relation des entreprises avec les demandeurs d’emploi, ce forum permet de proposer une activité de conseil, d’information, d’orientation afin d’optimiser la recherche d’emploi. Ainsi, l’association A Compétence Egale et les consultants volontaires offrent un véritable service d’accompagnement individualisé qui permet aux Seniors de bénéficier gratuitement de conseils de professionnels, de développer leur réseau et leur visibilité auprès des cabinets.

Les consultants volontaires d'Hudson sont fiers de s’engager aux côtés d'A Compétence Egale pour cette initiative.

 

Plus d'informations :

Nos actions RSE

A Compétence Egale

 

 
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H de la semaine 65

 

 

Bernard Pivot était un sacré recruteur, Jean d’Ormesson un sacré recruté. Dans « Apostrophes », émission littéraire phare des années 80, il est passé 26 fois. Inutile de préciser que c’est un record. Jean d’O était un candidat de première bourre, virevoltant, drôle, érudit, spirituel et charmeur en diable. Il dopait les audiences et les ventes de ses livres à mesure : il avait tout compris à la pub. Quand il n’était pas là, on le cherchait. Quand il était là, on eût aimé qu’il le fût davantage. C’est le manque qui conduisait les téléspectateurs dans les librairies.

Charles Bukowski n’a rien à voir avec Jean d’O. Il n’est passé qu’une fois à Apostrophes, mais quelle fois ! suffisante pour que tout le monde s’en souvienne. Récapitulons : il siffla (pas d’autre mot) une bouteille de sancerre blanc sur le plateau, souleva la jupe d’une écrivaine (son nom : Catherine Paysan), bredouilla le reste du temps et quitta l’émission sans crier gare, titubant devant les caméras. Une fois vaut-elle vingt-six fois ? Un très bon entretien 26 bons entretiens ? Côté pub en tout cas, c’était bien vu : de statut d’inconnu (en France), Bukowski passa instantanément à celui d’auteur de best-sellers…

Lire Bukowski, c’est partir bourré de nuit dans un road-trip, sans carte routière ni GPS, avec juste ce qu’il faut de dollars pour enchaîner les bars, traverser à toute berzingue des villes endormies, ne rien garder pour soi, tout donner, tout jeter, écrire son âme, « lever une fille de temps à autre », quel genre ? qu’importe, « celle qui voudra bien de vous », donner l’accolade aux estropiés, aux torturés, aux damnés…

Le succès est arrivé malgré lui, qui l’a consacré comme le plus grand poète américain du dernier demi siècle. Dans la liste des métiers que l’IA et les robots ne tueront pas, il y a, avec les psychanalystes et les consultants en ressources humaines, les musiciens, les écrivains et les poètes. Récemment, un logiciel a mémorisé l’ensemble de l’œuvre des Beatles et proposé, à partir de ce fonds, de nouvelles chansons : le résultat a été catastrophique. Dans le même temps, des logiciels ont été mis au service des cabinets d’avocats pour examiner à vitesse grand V des millions de documents légaux : le résultat est prodigieux.

Si une puce de la Silicon Valley a la possibilité de remplacer des centaines d’avocats, « elle n’a pas forcément le génie mélodique d’un garçon de Liverpool » rappelle Marc Lambron. Ni le talent d’un aristocrate amoureux du bonheur, ni celui d’un éclopé qui rime sur le dos des nuits ses écorchures – ni le vôtre, le nôtre, celui que nous devons cultiver dans notre travail au quotidien pour tenir éloignés de nous cyborgs et autres robots.

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

 
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H de la semaine 64

 

 

Excepté les Mémoires, quel livre, disait Malraux, vaut la peine d’être écrit ? On ignore si, au moment de publier les siennes, rédigées dans une langue vivante et alerte, pleines d’anecdotes, de tendresse et de fraîcheur, Janet Groth s’est posé la question.

Voilà une jeune fille débarquée à 19 ans de son Minnesota natal, un diplôme de littérature en poche, qui entre au New Yorker, le Saint du Saint du journalisme new-yorkais, mondialement connu pour ses nouvelles, ses dessins humoristiques et ses couvertures – celles-ci, signées de Ware, Sempé, Floch ou Spiegelman entre autres cartoonists, sont, dans leur originalité, leur poésie, leur élégance, de pures merveilles et une raison (presque) suffisante de petit a) s’abonner au journal, petit b) conserver précieusement tous les numéros dans sa bibliothèque…

Alors il se trouve que Janet, comme beaucoup de jeunes de sa génération (nous sommes à la fin des années 50), veut écrire et être publiée. Elle imagine à bon droit le faire d’autant plus facilement qu’elle va fréquenter ce qui se fait de mieux en termes d’ambition, de talent et de journalisme littéraires. 21 ans plus tard, quand elle quitte le New Yorker pour devenir professeur d’université et… écrivain, Janet occupe encore et toujours le poste de ses débuts, proposé un peu par hasard un jour d’août 1957 par un journaliste phare du journal et la chef du secrétariat : celui de réceptionniste !

D’emblée pourtant, Janet Groth désamorce avec beaucoup de spontanéité et de finesse ce qu’on voudrait imaginer, qui la poserait en victime d’une impavide machination sexiste toute occupée à négliger ou écarter les femmes : « Pendant la majeure partie de cette période de ma vie, je traversais une crise existentielle : ma proximité avec les esprits créatifs que j’assistais était source de tiraillement. Étais-je oui ou non « l’une des leurs »? Étant moi même incapable de répondre à cette question, pas étonnant que le New Yorker n’ait pas su quoi faire de moi ! »

Entre « inconstance, ennui et inquiétude » qui caractérisent l’homme selon Pascal, nos vies sont souvent rétives à tout déchiffrement. Nous sommes une série de promesses que nous ne tenons pas, brouillons incessamment recommencés, ajournements successifs de nous-mêmes. Qui ne rêve pas à ce compte d’une sorte de révélation qui livrerait, d’un coup, le sens définitif de sa propre vie et qui, agissant tel un talisman, l’immuniserait à jamais des poisons tenaces du désarroi, de l’envie et du regret ?

Se comprendre, s’estimer, s’assumer : Janet Groth, si tant est qu’elle y soit parvenue, a mis 21 ans à le faire. Nos équipes chez Hudson, essentiellement en Talent Management, vont sensiblement plus vite. Se connaitre pour mieux se reconnaitre et s’estimer ; se comparer pour moins se désoler et mieux se projeter : avec nous, Janet serait restée moins longtemps réceptionniste mais… aurions-nous eu alors l’occasion de lire ses délicieuses mémoires ?…

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

 
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H de la semaine 63

 

 

Il faudra s’en souvenir : ne jamais attendre un soir de match de Ligue des Champions pour écrire son billet d’humeur. Ou plus exactement : attendre, pour l’écrire, la fin du match. Notamment quand le PSG joue. Enfin perd. On devrait le savoir ? Oui, mais on se fait prendre à chaque fois. C’est rageant.

De quoi voulait-on parler déjà ? Eh bien, on ne le sait plus. Nous voilà bien. On avait plein d’idées pourtant, et des plus fameuses. Tenez, par exemple, l’identification précise, grâce aux progrès des neurosciences, de nos biais cognitifs. En l’occurrence (ne pas imaginer que le PSG puisse perdre, en encaissant deux buts dans les dix dernières minutes), de quel biais parlons-nous ? De celui de confirmation bien entendu qui nous incline à n’écouter que ceux qui pensent comme nous – et d’ignorer en conséquence ceux qui sont en désaccord. Nous, supporters du PSG, imaginions une nette victoire parisienne au Bernabeu : à nos yeux, entre Neymar et Ronaldo il n’y avait pas photo… Loupé ! Ou celui d’attribution, tout aussi fréquent, qui nous conduit à nous tromper sur les raisons d’un échec : par exemple, hier, accuser l’arbitre qui a ignoré une faute sur Kimpembé qui a conduit au deuxième – et injuste, forcément injuste – but madrilène…

Connaitre nos biais (être convaincu que le PSG va gagner ses matchs à tous les coups, penser qu’on rédigera comme dans un rêve notre billet d’humeur, sans entrave ni temps mort, la veille de sa publication) devrait nous permettre de nous en libérer. Ce n’est pas vrai. Il faut s’y résoudre : même les plus rationnels d’entre nous ne le sont pas totalement. Les robots le seront-ils, eux ? Allez savoir : tout dépendra des programmes dont on les aura chargés et des algorithmes qu’ils utiliseront…

On avait une autre idée concernant ce billet d’humeur : revenir sur la théorie de la simulation. Certains le savent : c’est la dernière marotte d’Elon Musk (qui a dû lire l’Aleph de JL Borges) : « il y a seulement une chance sur un milliard que nous vivions dans la réalité ». En bref, nous serions le produit d’une intelligence artificielle monstrueusement développée, voire la création de nos descendants qui s’amusent à faire revivre leur propres ancêtres mortels. Deux milliardaires auraient même embauché des experts pour le démontrer. A ce compte, et si tel est le cas, nous comptons sur eux (l’AI méga développée ou nos descendants farceurs) pour avoir programmé une victoire du PSG (2-0 ou 3-0 ou même 4-1) au match retour.

Ah oui, même s’il n’existe pas, c’est le biais de suggestion

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

 
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H de la semaine 62

 

 

Mardi, nous avons reçu une drôle de candidature. Nul CV adressé en amont, pas la moindre trace de lettre de motivation. Non, elle est venue seule, s’est imposé et a aussitôt occupé l’espace, le ciel, la terre. Elle était toute blanche, vive, accrocheuse. C’était... la neige.

Elle est tombée toute la journée de mardi, et la nuit suivante encore, sans s’interrompre un seul instant, têtue, déterminée. Paris est soudain devenu Val d’Isère ou Cauterets, le salage des rues en moins. On n’a évité ni les cris, ni les coups de klaxon, ni les glissades, ni les froissements de tôles. Les bouchons ont moins sauté que lors des fêtes de Neymar ou au moment des Réveillons. On n’a pas fait le décompte des automobilistes qui ont passé la nuit dans leur voiture, de franciliens congelés sur des quais de gare : on en connait tous, qui ne cachaient pas leur colère. Certains ont cherché les remontées mécaniques - ils les cherchent encore. D’autres, plus astucieux et intrépides, ont profité du peu de vallons parisiens, à Montmartre par exemple, pour sauter sur un snowboard et filer tout schuss. Les réseaux sociaux adorent ces images, qui créent le décalage, l’inédit, la surprise. Il faut reconnaître qu’on n’est pas habitué, place de la Concorde, à ces manteaux blancs qui recouvrent le paysage d’où émerge, inaltérable, l’obélisque de Louxor, ni au Luxembourg les statues à ces draps immaculés qui les protègent, en entier, du regard des curieux.

Le lendemain, mercredi, la ville était stupéfaite, livrée aux rares piétons (équipés de tennis, d’après skis, de chaussures cirées : comme toujours à Paris, on voit de tout), encore plus rares voitures (qui se déplaçaient, en crabe, avec l’incertitude d’enfants qui font leurs premiers pas). Le silence a alors imposé ses variations, sourdes, ouatées, amorties que venaient à peine rompre les cris des enfants jouant aux boules de neige - question : a-t-on le droit d’y jouer encore la quarantaine venue ? Dans les rues, sur les places, au cœur des jardins, des millions de photos ont été prises, de vidéos tournées : qui les regardera ? Qui s’en extasiera ?

Du point de vue du recruteur, il est intéressant d’observer les manifestations de la nature qui, à l’heure du tout digital, prend une revanche teintée de beauté spectrale. La neige est en effet un merveilleux recrutement pour les photographes, les enfants, les touristes ; c’est, en hiver, dès Noël, un recrutement d’urgence pour les Alpes, les Vosges, le Jura ou les Pyrénées ; c’est, pour beaucoup, qui restent ou veulent rester en enfance, un moment de joie simple et vraie. C’est en revanche un recrutement épouvantable à Paris pour le Ministère des Transports, la Mairie, les employeurs et les employés.

Au fond, il faut toujours contextualiser : c’est le secret d’un recrutement réussi.

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

PS : ah, au fait, demain, il reneige…

 

 
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H de la semaine 61

 

 

Franchement, on aimerait savoir où se trouve le reste de la famille. Vous les avez vus vous ? Parce que le candidat que nous avons en face de nous hésite. Oui, il hé-si-te. Il a rencontré deux fois notre client, 7 entretiens en tout, des batteries de tests, des mises en situation challenging, en tout un long rallye. Très vite conquis, enthousiaste même au fil des échanges, notre client lui a fait une proposition en or, de celles qu’on ne refuse pas, assortie d’évolutions stimulantes, de projets concrets et porteurs. Et pourtant, vous l’avez compris : il hésite. Pire : il risque de refuser…

Comment en sommes-nous arrivés là ? Très simplement : aujourd’hui, une carrière professionnelle se construit et se gère à deux (et un peu plus que deux). Il est révolu le temps où l’homme (car c’était souvent l’homme…) pilotait sa seule et unique carrière, son épouse et ses enfants accrochés à sa volonté telle la rame à la locomotive, le suivant dans ses évolutions géographiques ou managériales. Aujourd’hui, chacun dans le couple a son horizon, ses espaces, la liberté qu’il se crée chaque jour, les objectifs qu’il veut atteindre – seul ou seule, à deux, à trois, quatre, cinq ou plus...

Le recrutement n’a jamais été un jeu, la décision un lancer de dés. Décider, c’est éliminer des possibles, rester ou partir, retenir l’option A plutôt que B, y aller tout de suite ou attendre un peu. « Décider, c’est passer du conditionnel à l’indicatif, de l’imaginaire au réel, de la délibération à l’action » écrit Comte-Sponville. Recruter, c’est un métier d’aide à la décision.

De plus en plus souvent, dans cette entreprise, nous chasseurs avons besoin d’appuis ou d’auxiliaires : ce sont les conjoints, c’est la famille. Des auxiliaires ? Vraiment ? Ils n’en sont pas : ils sont mieux. Ce sont de vrais décisionnaires, au moins autant que les candidats et les clients. Dans quel cadre s’inscrit une vie professionnelle ? Sera-t-elle longue, heureuse et toute tracée ou au contraire, en zig zag, sinueuse, contrastée, avec des hauts et des bas, des ronds-points, des culs de sac, des moments de grâce inouïe ?

Au moment où toute référence aux vies personnelles est expulsée des CV et des entretiens, les vies privées prennent leur revanche. Après ça, vous nous parlerez encore des algorithmes, du recrutement prédictif, des plates-formes de cooptation. Du tout digital. Il nous parait toujours aussi aberrant que quelque chose d’aussi essentiel dans la vie d’une personne que sa carrière professionnelle soit sous-traitée voire abandonnée à des machines ou à des consultants juniors exerçant leur métier entre deux Happy Hours, cinquante coups de téléphone de prospection commerciale et des blagues lancées dans un open-space…

Plus que jamais, dans nos mondes devenus complexes et changeants, recruter c’est écouter et conseiller, connaître et accompagner, soutenir et rassurer. C’est une vocation et un travail d’équipe. C’est l’honneur et le sel de notre métier…

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

Ps : ah oui, le candidat a dit oui après que son épouse a obtenu, grâce à nous et à notre client, un poste qu’elle juge « passionnant » dans la région du poste proposé à son mari…

 

 
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