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InTALENTgenceBlog
 

H de la semaine 37

 

 

Recruteriez-vous vos émotions ? 

-              Maman ?

-              Oui ma chérie !

-              C’est quoi ton métier ?

-              Ah mais ça t'intrigue tant que ça ? Je suis chasseuse de têtes

-              Chasseuse de têtes ? Tu es cannibale alors, comme les Tupinambas au Brésil ?

-              Mais non : où vas-tu chercher une idée pareille ? Mon métier est de trouver, pour les entreprises, des personnes qui vont les renforcer.

-              Alors, tu as un fusil ? Un filet ? Des menottes ? Un taser peut-être ?

-              Désolée de te décevoir mon petit cœur mais je n’ai rien de tout ça…

-              Qu’est-ce que t’as alors ?

-              J’ai beaucoup de choses, des connaissances, un réseau, des compétences, des collaborateurs, des tests, des émotions…

-              Rôôôhhh, ce que tu te la pètes !..

-              Chérie !...

-              Pardon maman... Maman ?...

-              Oui chérie

-              C’est quoi tes tests ? C'est comme ceux qu'on a passés avec Victor à l'école ?

-              Pas tout à fait ma puce : les personnes que nous chassons répondent à des questionnaires et comme ça, on comprend mieux qui ils sont, ce qui les motive, ce qu'ils peuvent faire…

-              C’est pour ça que t'es tout le temps sur ton iPhone ?...

-              Mais non ! Et puis je ne suis pas tout le temps sur mon iPhone, moins que toi et ton frère en tout cas ! Mais c’est vrai que presque tout le monde est maintenant sur Internet, les amis de papa et de maman comme les tiens, nos candidats, nos clients. Autrefois, quand tu es née, il n’y avait personne. C'est normal : Internet n’existait pas. Je me demande parfois ce qu'on faisait...

-              Maman ?

-              Oui Laura ?

-              Papa il dit que c’est la merde…

-              Chérie !

-              … parce que la machine et les « algorithmes » ils vont nous remplacer partout. Papa, il dit qu'ils sont plus intelligents que lui. Les tests ils vont te remplacer toi aussi ?

-              Non ma chérie, parce que maman, elle est plus forte que "les" algorithmes et "les" machines de papa. Oui, ta maman avec ses deux bras, ses deux jambes et son petit cerveau elle fait tout ce que ne fait pas la machine ! La machine est intelligente, certes, mais elle n'a pas d'émotion. Elle calcule à toute vitesse, bien plus vite que moi (et que papa !) mais elle ne sait pas mesurer les doutes, les angoisses, les incertitudes, les malaises, les désirs, bref les sentiments et les émotions : maman, elle, elle sait le faire. Et tu sais dans notre monde, c'est ce qui compte le plus maintenant. Demain, l'homme devra puiser non plus dans son intelligence (son QI) parce que la machine va traiter, mémoriser, gérer les informations et les hypothèses plus vite que lui. Il devra être ce que n'est pas et ne sera jamais la machine : un être qui a des émotions, qui sait les mesurer et qui sait les transmettre.

-              Maman ?

-              Oui Laura ?

-              Papa et Victor ils ont des émotions ?

-              Mais oui ma chérie ! Pourquoi tu me demandes ça ?

-              Parce qu'ils sont enfermés depuis une heure dans la cuisine et que ça sent drôlement le brûlé !

-              Mon Dieu !... Victor ! Chéri !...

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

 
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H de la semaine 36

 

 

Peut-on être et avoir l’été ?

Cette année, l’été est au rendez-vous : pile le 21 juin, la canicule s'est installée sur la France. Avec assurance. En toute impunité. Sans une once de pitié. Les résultats ne se sont pas fait attendre. Les trottoirs fondent, les rues avec. Les passants longent les murs : on se croirait revenu au temps de la prohibition, le couvre-feu reprend des couleurs. On a cessé de regarder les thermomètres : les 37°2 sont depuis longtemps dépassés. La fièvre gagne les villes, les départements, les régions ; "ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés" : citer la Fontaine par ces temps de canicule est toujours rafraîchissant. Après, allez écrire un billet d’humeur avec tout ça...

Parce qu’on rencontre de vraies difficultés. Par exemple, on ne sait plus comment s'habiller ; pire, on songe plutôt à se déshabiller. On se surprend à rêver du dressing des Anglais sous les tropiques quand on n’a que du gris, du bleu marine et de la laine en stock. Déjeuner en terrasse s'apparente à une aventure digne de Koh-Lanta : mais personne ne peut refermer la porte du four ? Manifestement, non. Le soir, les salariés quittent leur bureau climatisé avec regret, en traînant des pieds. Ils sont mûrs pour s'inventer des dossiers à finaliser : des cold cases ? La perspective de retrouver leur domicile en mode fournaise ne leur a jamais autant déplu. Qui a parlé de rester aux 35 heures ? Les réformes du travail devraient se faire en plein été : c’est en apparence ce que le gouvernement a compris…

Les nuits sont chaudes, mais au premier degré : en dépit de toutes les portes ouvertes, nul souffle d'air, aucun répit. Dormir la tête dans le congélateur n'est pas pour autant recommandé ; passer la nuit dans un bain d’eau glacée non plus. C'est 37°2 le matin… mais aussi le soir, tout le temps. La mode est à afficher des cartes de France : recouvertes d'orange, elles indiquent dans une belle unanimité les départements devenus majorité présidentielle et ceux matraqués par la canicule. C'est plus qu'une vague : c'est un raz de marée.

La chaleur favorise-t-elle la recherche professionnelle ? La question est posée. Les UV tuent-ils les CV ? C’est un thème à aborder au bac philo. A l’heure actuelle, les candidats rejoignent les bureaux d’Hudson en bras de chemise, le front et les mains moites, éprouvés : ils donnent l'impression d'avoir davantage besoin d'une douche que d'un poste. Les poignées de main sont une épreuve. On comprend que prendre le métro en fin de journée n’est pas loin du supplice : rassurons-les, nous n’y sommes pour rien, nos assessments ont une autre tenue. En réalité, il y a deux types de candidats : les premiers partent en vacances en sachant ce qu’ils feront à la rentrée de septembre, les seconds profitent des vacances pour savoir ce qu’ils feront à la rentrée de janvier. L’été sert l’automne ou l’hiver sert l’été, c’est selon.

Au fond de nous, quelque chose nous plait pourtant dans ces accès de chaleur, ces ciels bleus sans nuage, ces soleils meurtriers. Quoi ? Nommons ça l'appel des vacances qui rime avec la fin de l’année scolaire, les écoles désertées, les enfants qui quittent les parents pour rejoindre les grands-parents. Appelons ça l'envie de plonger dans une piscine, de monter sur une planche de surf ou en haut d'un 3.000 ; la flemme de regarder sa montre, de mettre un tailleur ou un costume, d’ouvrir sa boîte mail ; le désir de rester dehors, attablés, jusqu’au bout de la nuit à refaire le monde à la lueur des étoiles ; appelons ça… le besoin de vacances. Et partons du postulat qu’elles sont toujours méritées !...

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

 

 
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H de la semaine 35

 

 

DRH de l'Année 2017 : and the winner is ...

L’espace est immense, un quadrilatère immaculé où se déversent, par des puits aussi grands que des terrains de squash, des flots de lumière blonde.  

Blondes sont aussi les hôtesses postées à son entrée : vêtues de noir, juchées sur des talons qui défient la Tour Eiffel, elles dirigent les invités vers les buffets avec des grâces de déesses nordiques un rien distraites. On se croirait à la Fashion week. Il y a des rires, des conversations, des embrassades : ils forment un bruit de fond qui résonne comme un air de fête. Nous sommes à Neuilly, au théâtre des Sablons. Le DRH de l’Année vient d’être nommé et c’est… une DRH. Pas n’importe laquelle : Marie Françoise Damesin est DRH de Renault, de l’Alliance et bientôt de Mitsubishi. Ça fait du monde, plus de 470.000 collaborateurs, l’équivalent de la 4ème ville de France. Une ville inédite, bigarrée comme les dernières Twingo ou Captur et aux contours stimulants puisque le groupe compte plus de 200 nationalités et, à travers les 5 continents, une infinité de talents. Aux auditions, Marie-Françoise Damesin avait fait l’unanimité parmi les membres du Jury : elle l'a fait ce soir à l’applaudimètre dans la salle. Elle est simple, directe, authentique. Son parcours force l'admiration ; son engagement aussi sinon davantage. Elle dit avoir un losange à la place du cœur : les secouristes présents dans la salle s'affolent - à tort puisque c'est une image mais elle dit beaucoup. Depuis les travées, les Hourrah de ses équipes, de son Comité de Direction et de nombreux invités sont spontanés, chaleureux, vibrants. En marche ? Non, en ce lundi 12 juin, et n'en déplaise à notre nouveau Président de la République, nous sommes en voiture.

Carlos Ghosn, que l’immense majorité des présents voit pour la première fois, s’est déplacé pour lui remettre le Prix : imagine-t-on plus bel hommage ? Sur scène, l’impression qu’il produit est digne d’une rock star, le riff des guitares en moins, le costume-cravate en plus. Autour de lui, l’espace soudain se creuse, le temps se comprime, le silence se fait religieux. À l'entendre, on réalise qu'il y a très peu d'espace (sans référence à un quelconque modèle de la gamme Renault) entre ce qu'il pense, ce qu'il fait et ce qu'il dit. Cette densité saisit : elle contraste avec la légèreté du comique Mickaël Hirsh qui l'a précédé sur scène.

On retient de ses propos qu'il faut aimer les gens pour être un grand DRH ; qu'un DRH doit être à la fois un soutien et un sparring-partner pour un Président et un Comité de Direction ; et, surtout, qu'un bon DRH trouve des solutions quand il n’y en a plus. Cette idée nous plait plus que tout : elle postule que dans un monde de plus en plus connecté, où les automobiles rouleront bientôt seules, où les robots sont en passe de fonder (toujours avec Hudson et Le Figaro ?) leur propre Prix du Robot de l'Année, l'homme reste le plus apte à débrouiller les écheveaux les plus complexes. À s'adapter aux environnements les plus changeants. À penser différemment, vite et fort. C'est une idée qui, au fond, nous rassure au moment de tirer le rideau de cette soirée réussie : les plus belles ressources sont et resteront humaines...

Longue vie aux DRH et bravo à Marie-Françoise Damesin !

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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Semaine de la Diversité 2017

 

 

La Semaine A Compétence Égale pour la Diversité a pour objectif de lutter contre les discriminations dans le domaine du recrutement. Elle veille à redonner confiance à des personnes éloignées de l’emploi, grâce à des entretiens avec des consultant-e-s en recrutement, sans aucune pression et en toute transparence. L’édition 2016 avait mobilisé 75 consultant-e-s et a permis à près de 400 personnes de bénéficier de conseils de recruteurs, de conférences thématiques et d’ateliers collectifs !

Hudson, acteur engagé et co-fondateur de l'Association A Compétence Egale, se mobilise une nouvelle fois à Paris, mais aussi à Lyon ! 

 

Retrouvez les consultants volontaires d'Hudson : 

À LYON

Mercredi 14 juin 2017de 9h00 à 18h00

ISEG - 86 bd Vivier Merle - 69003 Lyon

 

À PARIS 

Jeudi 15 juin 2017 de 10h00 à 18h00

ISEG - 95 avenue Parmentier - 75011 Paris

 

Plus d'informations : 

A Compétence Egale

Nos actions RSE

 
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H de la semaine 34

 

 

Et si on recrutait le DRH de l’année 2017 ?

Chaque année, début juin, c'est la même chose : les DRH font leur cinéma. C'est le Prix du DRH de l'Année qu'organisent Hudson et Le Figaro.

Il y a moins de paillettes mais plus de diplômes qu'à Cannes. Moins de glamour ? Ça se discute. Si personne ne prend de douche au Dom Pé’ sur des plages privées à des heures indues, il est d'usage, à l'issue de la cérémonie, de partager une ou deux coupes de champagne en discutant des enjeux de la réforme du travail. On rêve plus avec Diane Krüger ou Ryan Gosling ? Peut-être mais l'emploi nous concerne davantage. Sur scène, la dramaturgie prend des libertés ; si elle est moins millimétrée qu'au Palais des Festivals, les émotions restent les mêmes. Au théâtre des Sablons de Neuilly, un Jury désignera aussi sa palme d'or, un vainqueur montera sur scène pour remercier ses équipes et les membres de sa profession. Rendez vous compte : ça fait vingt ans que ça dure. On ne s'en lasse pas.

Lundi 12 juin, s'avancera sur scène, sous les applaudissements d'un parterre de cadres supérieurs, le ou la 21ème DRH de l'Année. Le ? La ? Autant l'avouer : le suspense est insoutenable. Tous ceux qui se sont rendus sur le site du DRH de l'année ont compté puis recompté. Une fois parvenus là, ils ont recompté encore, en croyant à peine leurs yeux. 18 hommes, 2 femmes - 0 robot. À ce niveau-là, aucune excuse n'est acceptée. Les plaisanteries tombent à plat. Faut-il envisager de mettre en place des mesures de rétorsion… pardon : de discrimination positive ? Allons, allons : nous sommes entre professionnels. D'autant que des critères, formels, précis, contraignants, existent ; ils encadrent l'élection, soutiennent les débats et, par leur objectivité, en assurent et en garantissent le succès année après année.

Pourtant, la vérité nous oblige à dire qu'ici comme ailleurs les membres du Jury ne votent pas qu'avec leur tête : les DRH ont aussi et surtout un cœur. Dans leur métier, ça peut servir. Parmi leurs pairs, ils choisissent souvent sinon toujours ceux qui portent sur leurs réalisations ou les difficultés qu'ils ont dû surmonter les mots les plus justes et les plus sincères : ils sonnent alors comme des professions de foi.

Au fil des ans, en même temps que le business gagnait en ambiguïté et en incertitude, en volatilité et en vulnérabilité, le rôle des DRH s'est densifié, complexifié, accru. Plus que jamais, les entreprises s'aperçoivent que les plus belles ressources sont humaines : ce sont elles qui sont le plus capables d'innovation, de créativité, de courage, de prise de risque et de force d'entraînement. À l'heure des robots, de l'AI, des nanotechnologies, il n'y a encore, encore et toujours, encore et peut-être pour toujours, de richesse que d'homme.

Vous savez quoi ? Vivement lundi pour que le 21ème DRH de l'Année nous le rappelle !

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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H de la semaine 33

 

 

Et si on recrutait en 2047 ?

Neuilly-sur-Seine. Juin 2047. Bureaux Hudson Terre.

- Asseyez-vous

- Merci. Ici ?

- Non, dans le couloir 

- Pardon ?

- Je plaisantais 

- Ah

- ...

- Vous voulez mon CV ?

- Non

- Vous le connaissez par cœur ?

- Non

- Il ne vous intéresse pas ?

- Non

- Rassurez-moi, ou ne me rassurez pas : suis-je là pour passer un entretien de recrutement ?

- Oui : ai-je l'air d'un garagiste ? 

- Non, encore que je suppose que l'idée est de vérifier mon moteur 

- Supposez moins et dites moi si vous connaissez… la fatigue ?

- Non

- Le doute ?

- Non

- Le stress ?

- Le quoi ?! Ah ah ! Non...

- La contrariété ?

- Euh… Non… Non, non

- Vous avez hésité ?

- Oui

- Pourquoi ?

- Parce que ça arrive d’être contrarié, non ? Nous ne sommes pas des machines

- Cette remarque prête à sourire. Je continue. L’orientation vers les autres ?

- A quoi ça sert ?

- A rien. L’optimisme ?

- Inconnu au bataillon

- Bien. Qu’aimez-vous ?

- L’amour : c’est mon dernier amour. J’ai lu tout Proust, tout Racine, tout Stendhal, tout Tolstoï en russe, tout Goethe en allemand, toute la poésie française cette nuit

- Un peu tard non ? Un peu vain ?

- Un peu tard, un peu vain ? Je n'ai que 128 ans…

- Répondez à ma question au lieu de me rappeler votre âge : votre âge, je le connais, XX162Y5M27D

- Vous ne m'écoutez pas 

- Détrompez-vous : je vous vois

- À quoi pensez-vous ?

- À vous. Aux 33 années de travail qu'il vous reste. Aux 33 années de 350 jours et de 18 heures par jour. Ça fait des heures.

- Oui : 207.900. Mais j'ai commencé tôt. Je peux arrêter à 158 ans

- Demain en somme

- C'est de l'humour ? 

- Non : c'est du temps

- On a programmé ma mort à 162 ans, 5 mois et 27 jours

- Je le sais : c'est votre nom. La peur vous fait mort ?

- Vous voulez dire : la mort me fait-elle peur ?

- C’est ce que j'ai dit non ?

- Non, vous avez dit : la peur vous fait-elle mort ?

- C'est la même chose

- Si vous le dites. Eh bien non : c'est la vie, on le sait. Notre vie.

- Parfait merci. Bon retour XX162Y5M27D. Ce sera sur… Mars.

- Ah Mars : j'y reviens donc. Je préfère Mars à Pluton. Merci. À bientôt peut-être.  

- Oui : peut-être. J’ai un déplacement prévu sur Mars fin d’année prochaine. Je vous fais signe ?

- Parfait : je serai heureux de vous revoir. 

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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Save The Date - TROPHÉE DU DRH DE L'ANNÉE 2017

 

 

Lundi 12 juin 2017 à 19h00

au Théâtre des Sablons à Neuilly-sur-Seine


Alexis de Bretteville, CEO Hudson Europe
Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

Thibault Germignani, Directeur Général Figaro Classifields,
Pascal Lasserre, Directeur Général Adjoint Figaro Classifields


sont heureux de vous recevoir à : 

La 21e Cérémonie de Remise des Trophées
de l'Initiative RH et du DRH de l'année

 

 Avec la présence exceptionnelle de Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. 

Une soirée exceptionnelle vous attend !

 

Pour plus d'informations sur l'événement :
drhdelannee.fr
fr-drh@hudson.com
01 58 56 58 56

 

Organisé par : 

 

   

 

 
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H de la semaine 32

 

 

Quel métier auriez-vous préféré à celui que vous exercez ?

Patrick Besson tient dans le Point une chronique hebdomadaire : fidèle à son personnage, il publie des textes souvent drôles, brillants, provocateurs. Cette semaine, il a choisi d’établir la liste des « métiers qu’il aurait préférés à celui d’écrivain » : il en cite quarante, ce qui n’est pas rien. Parmi eux, issus du moment ou longuement réfléchis, quelques uns font sourire ou rêver : « pilote de vaporetto à Venise », « charcutier à la Motte-Piquet », « parolier de Shakira », « coiffeur pour dames à Briançon », « DJ à Ibiza » ou « dompteur de lamas ». Ok, nous sommes d’accord avec vous : plutôt sourire que rêver

Cette question, Quel métier auriez-vous préféré à celui que vous exercez ?, nous la posons parfois aux candidats que nous rencontrons. Certains y voient un piège : ils se trompent. Pour notre part, dix métiers nous viennent instantanément à l’esprit – davantage si nous réfléchissons quelques minutes supplémentaires. Ce sont d’abord les métiers auxquels nous songions lorsque nous étions plus jeunes et donc plus spontanés – mais pas assez aventureux (ou doués…) pour nous lancer… « Champion de tennis » (on a laissé le job à Federer), « chanteur de rock » (on l’a confié à Matt Berninger), « guide dans les Pyrénées » (on n’y a pas encore tout à fait renoncé), « cinéaste génial » (Woody Allen occupait déjà la fonction) ou « écrivain new-yorkais » (Jay McInerney publiait ses premiers romans).

Avons-nous manqué notre vocation ? Le terme fait toujours un peu peur. Il est né au Moyen-Age dans un contexte que l’on sait spécifique : la vocation, qui prend sa racine dans l’appel (vocare), correspondait alors à la nécessité, apparue sous l’aspect d’une révélation aussi brusque qu’irrésistible, de consacrer sa vie au Christ. Certains, sous des formes plus profanes mais tout aussi fermes, y croient encore aujourd’hui. Ainsi le sens de notre vie serait révélé dans la réalisation d’une mission ou dans le cadre d’un métier qui nous tiendrait à jamais éloignés de ce qui, selon Pascal, mine l’homme : l’inconstance, l’inquiétude et l’ennui.

Le plus souvent, ce sont les préoccupations matérielles, liées à l’argent ou au statut social, qui nous empêchent d’aller au bout de nos aspirations les plus sincères et les plus profondes. Quel cadre dirigeant laisserait tout tomber pour devenir… « coiffeur pour dames à Briançon » ?... Ecrivant cela sous forme humoristique, nous manquons l’essentiel. Posons-nous plutôt la question de savoir quel cadre dirigeant laisserait tout tomber pour devenir… « auteur de best-sellers » ou « député de la région où il est né » ? En réalité, les barrières les plus hautes ont élu domicile en nous. « Le secret de l’action, c’est de s’y mettre » : nos coachs le rappellent tous les jours aux cadres et aux dirigeants qu’elles accompagnent en réorientation professionnelle. On peut échafauder ceci ou cela ; on peut rêver de ceci ou de cela : la vérité est que nous ne serons jamais que ce que nous ferons et ce en nous donnant les moyens de le faire, c'est à dire en actionnant des sentiments et des leviers aussi simples (et régulièrement dévalorisés) que l’envie ou la volonté.

Et puis après tout, un peu comme dans l'Education sentimentale de Flaubert, c’est à la fin d’une vie qu’elle se juge : entretemps, nous aurons eu le droit, sinon l’obligation, de nous tromper, de perdre un, deux ou trois ans, d’échouer, d’échouer encore et d’échouer mieux dans plusieurs métiers et le long de plusieurs voies, bref d'hésiter et de tâtonner : c’est à ce seul prix que nous pourrons un jour nous consacrer à notre vocation et vivre d’autres bonheurs…

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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H de la semaine 31

 

 

Avant, on le comparait à Lecanuet, Chaban, JJSS, Rocard ou Delors. Après, à Bonaparte, Kennedy ou de Gaulle.

Entre l’avant, et sa cohorte de vaincus magnifiques, et l’après, et ces comparaisons faciles dont on ignore si elles flattent ou étouffent, il y a une date, un chiffre - et toujours le même homme. Cet homme, c'est Emmanuel Macron qui, le 8 mai 2017, est devenu Président de la République française avec 66.1% des suffrages exprimés et 20,6 millions de voix. 

 

Aurions-nous recruté Emmanuel Macron ?

Plus qu’à aucun autre, la question vaut d’être posée à un recruteur – et il est plus facile d’y répondre après coup ! Qu’a-t-on entendu, au long de ces mois d’incertitudes, de boue et d’exaltations ? Tout et son contraire : dans un pays qui s’hystérisait, chaque jour livrait ses lots de vérités et de mensonges, ses courses de dés, ses moissons de contradictions. Était-il petit prince, hologramme, bulle, Brutus, techno, de gauche ou de droite, dynamiteur ou héritier, élitiste ou e-populiste, suiveur ou tyran ? Tout était dit et rien ne l'était hormis ceci : Emmanuel Macron dérangeait de plus en plus. Loin des spéculations et des insinuations, lui traçait sa route avec sang-froid, en toute rigueur, avec une foi de charbonnier. On le savait adepte de René Char : rien ne collait mieux à sa démarche que sa célèbre exhortation, "Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront." Il y avait au cœur de sa démarche une des intuitions de Paul Ricœur selon lequel "chacun porte en soi une promesse et qu’il importe de savoir comment l’accomplir." Il connaissait la sienne.

Emmanuel Macron est jeune, très jeune, trop jeune : tel est le reproche qui lui a été le plus communément adressé. Avec cette accusation, en venait une autre, plus toxique : EM était une sorte de tricheur, de braqueur, qui ne respectait ni règles, ni codes. Nulle investiture de parti, nul mandat électif, ex banquier d'affaires, privilégiant l'administration des choses au gouvernement des hommes, porteur d’un programme hybride, piochant dans le libéralisme et la protection, désincarné et à la tête d’équipes organisées en mode projet, des start-upers adeptes du bottom up plutôt que du top down.

Le changement est la loi de l’être : c’est la seule chose qui ne change pas. "Le monde n’est qu’une branloire pérenne. Toutes les choses y changent sans cesse : la terre, les rochers du Caucase, les pyramides d’Egypte, et du changement public et du leur. La constance même n’est autre chose qu’un changement plus languissant" écrivait Montaigne dans ses Essais (III, 2). Le monde politique changeait aussi, et on ne le voyait donc pas ?

Henri de Castries a été jusqu’à récemment PDG d'AXA ; il a quitté ses fonctions pour devenir, lors de la campagne, conseiller de François Fillon. Il avait magnifiquement posé le diagnostic sans aller jusqu’au bout de la réflexion. "Qu'est-ce qui pourrait tuer votre entreprise?" lui demandait-on à quoi il répondait : "Je me pose la question tous les jours. Aujourd'hui, les menaces sont asymétriques : deux gars dans un garage peuvent vous prendre de vitesse. La taille ne protège plus. Le juge de paix, c'est la manière dont vous répondez aux besoins de vos clients. Il faut être capable d'agilité et de modestie".

Il finissait l'interview par ceci : "Il faut accepter l'idée que l'entreprise fonctionne différemment d'avant. Par exemple, des gens de 25 ans dont c'est le premier job vont apprendre des choses à des gens plus âgés qui se croient revenus de tout. C'est le "mentoring inversé". Le mentoring inversé, c'est quelque chose d'élémentaire quand on constate que des gens de moins de 30 ans ont créé des entreprises dans le numérique qui valent des milliards aujourd'hui : pourquoi ne pas faire confiance à ceux qui ont le même âge qu'eux et qui travaillent chez nous ?"

Emmanuel Macron travaillait chez nous, en France. Il était jeune, ambitieux, vif-argent, rompu aux choses du monde, de la fonction publique et de l’entreprise, bosseur, bienveillant et agile. Dans son garage, il a posé les termes du braquage ; il l’a réussi au-delà de ce qu’avaient intellectuellement et brillamment imaginé Henri de Castries, tous les observateurs et tous ses concurrents.

L’outsider a été choisi. In fine, Emmanuel Macron en voulait plus que les autres. Pour un recruteur aussi, ça fait (presque toujours) la différence. 

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

 
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H de la semaine 30

 

 

Recruteriez-vous le mois de mai ?

Et si on faisait, en mai, ce qui nous plait ? Vraiment ? Si on arrêtait de maugréer, de rejeter sur d'autres - sur les autres - l'origine de nos maux et de nos mal-êtres ? Si on regardait le printemps qui arrive sur ses semelles de vent comme une invitation à sourire, à avancer, à regarder devant plutôt que derrière, à professer autour de soi - et pour soi - un peu d’optimisme, d'espérance et de bienveillance ?

Bien sûr, on peut préférer les chromos, les temps enfuis et les légendes. L'été, la France s’habillait en polo Lacoste pour descendre en Renault 16 vers les Sud. Les platanes étaient au garde à vous le long de la Nationale 7, alignant des ombres oblongues sur le bitume qui fondait. Les ronds-points n'existaient pas ; les gendarmes couchés non plus. Les pompistes oui : ils étaient moustachus, vêtus de salopettes bleues tâchées de cambouis et ils rendaient la monnaie en francs. Les villages traversés ressemblaient à des cartes postales ; le curé y disputait l’autorité au maire ; aux terrasses de café, on buvait du Fernet-Branca et du Pastis 51. Plus loin, on découvrait la mer entre deux cyprès ; elle sentait l'iode et l'ambre solaire ; posés sur son bleu céruléen, des voiliers et des pédalos y dessinaient des nuages de points blancs que l’esprit cherchait à relier. Dans l’autoradio, Claude François chantait les lundis au soleil ; les parents, libres de toute ceinture et fumant comme des sapeurs, en reprenaient le refrain à tue-tête. Le temps était lent et l’espérance violente. L’avenir souriait.

À ces nostalgies se sont substitués au fil des ans des colères, des aigreurs et des violences ; la litanie des déclins et des déclassements a commencé ; l'espérance a déserté. Le travail, qui avait libéré, a soudain aliéné. La société, qui nous avait émancipés, a soudain creusé sous elle des inégalités grandes comme des tombeaux. Le progrès technique, qui avait soulagé, a soudain détruit les emplois. L’Europe, qui nous avait grandis et renforcés, s’est soudain muée en imposture, en tortionnaire, en ennemie.

Alors oui, on peut tout voir en sombre, en rage, en cendres. En colère et en amertume. En effondrement – car le pire serait à venir. Are we Rome ? se demandent les Américains, hantés par la chute de cet autre Empire livré aux Barbares d’Alaric en 410. Mais pourquoi ? À quoi bon ? Est-ce irrémédiable ?

Non ! La critique est une chose : elle décide, examine et juge (krinein en grec). Elle soumet nos connaissances, nos valeurs ou nos croyances au « tribunal de la raison » disait Kant. Mais elle n’est pas tout : elle n’est pas vérité, elle n’est pas construction, elle n’est pas espérance.

La mer est toujours là, et les cris des enfants quand ils y plongent, et les voiliers blancs qui la sillonnent. Les routes sont plus sûres, les voitures aussi. Lacoste n’a pas dit son dernier mot, la musique ses dernières notes. Les parents chantent encore, et leurs propres parents aussi, qui sont en pleine forme, et parfois les parents de leurs parents, toujours alertes. Les distances sont plus courtes, les connaissances sans limite, le ciel un espace à coloniser. Alaric est mort, l’espoir ne l’est pas. Les joies sont toujours aussi fortes, fraîches, violentes, surtout au printemps et en été, les soirs où le soleil n’en finit pas de se coucher…

En mai, et tout l’été, recrutons donc ce qui nous plaît : l'espérance, l'optimisme et la bienveillance !

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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