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Café Coaching IMS Entreprendre 2 mars 2017

 

 

Café coaching & atelier "Comment booster sa recherche d'emploi avec le numérique"

Hudson, dans le cadre de ses initiatives RSE, soutient les jeunes dans leur recherche d’emploi et a le plaisir de participer, cette année encore, à cette opération « café-coaching » le jeudi 2 mars 2017 à partir de 9h30 dans ses locaux à Neuilly-sur-Seine !  

Cette action interentreprises est menée en partenariat avec IMS Entreprendre pour la Cité.

IMS-Entreprendre pour la Cité (véritable centre d'échanges, d'innovation et d'expertise sur les questions du Développement Humain) regroupe des entreprises engagées dans des démarches de responsabilité sociétale (RSE), plus spécifiquement dans les domaines de l'accès à l'emploi, la diversité, de l'égalité des chances dans l'éducation.

Cette matinée ouverte à tous (Jeunes diplomés ou non) sera composée de :

  • Un coaching individuel ou en petits groupes pour conseiller les jeunes sur leur CV, l’entretien d’embauche, l’activation du réseau lors de recherches de stage ou d’emploi, les codes de l’entreprise… Une réelle opportunité pour les Jeunes de poser toutes les questions sans enjeu de recrutement !
  • Un zoom pour optimiser la recherche d’emploi grâce à Internet (Réseaux sociaux professionnels, nouveaux outils digitaux,...).

Hudson est fier de s’engager aux côtés de l’IMS Entreprendre pour la Cité et de recevoir, pour cette opération, des entreprises prestigieuses et engagées.

Plus d'informations : 

IMS Entreprendre : http://urlz.fr/4SQ3

Nos actions RSE : http://urlz.fr/4SQ6

 
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Forum Rhône Alpes 2017

 

 

Les 8 et 9 mars prochains, Hudson Grand Sud participera au Forum Rhône Alpes 2017 pour cette 32ème édition !

Au cours de ces deux jours, nos consultants auront le plaisir d’aller à la rencontre de jeunes talents pour leur apporter expertise et conseils en toute bienveillance. 

Chez Hudson, nous agissons en partenaires avec nos candidats. Nous visons l'efficacité et le résultat. Nous privilégions la proximité, l'écoute, l'échange, les solutions partagées.

Entreprise engagée, nos actions en termes de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) s’orientent notamment sur le mécénat de compétences ; participer à ce Forum est pour nous une évidence.

 « Grâce au Forum Rhône Alpes, Hudson va pouvoir aller à la rencontre des talents de demain. L’expertise sectorielle de nos consultants permettra d’apporter aux étudiants des réponses et des conseils liés aux enjeux des secteurs sur lesquels ils souhaitent démarrer leur carrière. » Frédéric Schwenck, Directeur Hudson Grand Sud.

Nous vous invitons donc à vous inscrire sur le site http://forum-rhone-alpes.com et venir à notre rencontre au Double Mixte.

 
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H de la semaine 20

 

 

(suite dernier billet)

Vous recruteriez-vous ?

Dans le Couperet, Donald Westlake, qui fut un des plus grands auteurs de polars du siècle dernier, met en scène Burke Devore.

Burke a 51 ans. Il est au chômage depuis deux ans. Il été cadre dans une papeterie pendant 20 ans avant d’en être licencié. Confronté à l’hostilité du marché du travail, à bout de tout, il prend la décision macabre de se faire passer pour un chef d’entreprise dans l’industrie papetière ; il prétend rechercher un candidat justifiant des mêmes qualifications que lui. A cette fin, il publie une petite annonce dans la presse spécialisée. Jusque là me direz-vous, on est dans le mensonge, on est dans l’escroquerie, on est sans doute l’illégal, mais pas dans le macabre. Attendez voir. Le macabre déboule lorsque Burke élimine (au Luger, une vieille arme ayant appartenu à son père)  tous les candidats dont le parcours et les compétences sont supérieurs aux siens – et ils sont nombreux…

Nous vivons une époque aussi passionnante que difficile : la révolution numérique détruit des emplois qu’elle peine à recréer, le travail (ses conditions, sa forme, ses enjeux) évolue et les bons candidats sont de plus en plus nombreux. Il y a quelques années (un autre siècle ?) on était recruté en deux temps trois mouvements : à peine un CV envoyé, à peine un entretien normé que, Hop, on se tapait dans la main et on était embauché en CDI…

Aujourd’hui rien de tel. Les process de recrutement ressemblent à des parcours du combattant, qui multiplient les tests et les procédures mélangeant l’intrusif, le discourtois, le pénible, le (hautement) challenging et le (sournois) algorithme. Les entretiens ne mêlent plus simplement les questions comportementales (parcours et réalisations du candidat), les questions concernant l’entreprise et le poste à pourvoir (vus depuis le candidat) voire les épreuves pratiques où l’informaticien doit rédiger du code, le directeur marketing concevoir un plan marketing ou le financier un plan de trésorerie.

Ça s’est corsé. L’intelligence est toujours testée mais davantage encore l’agilité des candidats, leur capacité à innover, à inspirer, à entreprendre (au sens de « changer le cours des choses »), à s’adapter à des univers incertains et en mutation accélérée.

Nous vous en avons donné, la semaine dernière, quelques exemples… sur lesquels vous avez réfléchi sans doute et dont vous trouverez la réponse ci-dessous…

Q1 : 3 hommes et 3 lions sont sur la rive d’un fleuve. Vous devez tous les transporter sur l’autre rive en utilisant un bateau unique qui ne peut prendre que 2 créatures (homme ou lion) à la fois. Vous ne pouvez pas laisser les lions devenir plus nombreux que les hommes sur l’une ou l’autre rive du fleuve au risque que les lions ne le(s) dévorent. Comment effectueriez-vous ce transport ?

R (faites des schémas sur une feuille de papier) : Voyage aller 1 : un homme et un lion ; voyage retour 1 : un homme seul (rappel : un lion ne sait pas ramer, un premier lion reste donc sur la rive opposée) ; voyage aller 2 ; un homme et un lion (1er truc : pousser le deuxième lion hors du bateau pour qu’il retrouve le premier lion sur la rive opposée) – à ce stade, nous avons 3 hommes et 1 lion sur la rive 1, 2 lions sur la rive 2  ; voyage retour 2 : un homme ; voyage aller 3 : deux hommes ; voyage retour 3 (c’est là le deuxième truc !) : un homme et un lion ; voyage aller 4 : deux hommes ; voyage retour 4 (c’est là le 3ème truc !) : un homme (qui ne peut pas débarquer mais doit pouvoir attirer un seul lion à bord du bateau) ; voyage aller 5 : un homme et un lion ; voyage retour 5 : un homme ; voyage aller 5 1/2 : un homme !

Q2 : il y a trois femmes en maillot de bain. Deux sont tristes et une est heureuse. Les femmes tristes sourient et la femme heureuse pleure. Pourquoi ?

R : c’est un concours de beauté

Q3 : un homme a poussé sa voiture jusqu’à un hôtel et a perdu sa fortune. Que s’est-il passé ?

R : il joue au Monopoly

Q4 : combien demanderiez-vous pour nettoyer toutes les vitres de la Défense ?

R : la 1ère étape consiste à estimer le nombre de tours, leur hauteur et le nombre de vitres (1000 à 3500 par tour) qu’elles comptent. La 2ème consiste à estimer le temps moyen pour nettoyer une vitre, puis une tour, en tenant compte des moyens à mettre en œuvre - matériel nécessaire (coût location etc.), fournitures, assurances… La 3ème étape consiste à appliquer votre coût horaire (10€ de l’heure – SMIC : 9.76€)… Bref, vous pourrez être (très) riche mais ce sera (très) long

Q5 : quels défis X (l’entreprise qui recrute) devra relever les 10 prochaines années ?

R :…

Q6 : vous rapetissez jusqu’à la taille d’une pièce de 5 centimes d’€ et êtes projeté dans un mixeur. Les lames entrent en action dans 60 secondes. Que faites-vous pour en sortir ?

R : vu mon poids, je saute hors du blender…

Q7 : il vous faut franchir une rivière dans une région infestée de crocodiles et vous n’avez pas de bateau. Comment faites-vous ? R : je plonge, je nage et j’arrive de l’autre côté. Les crocodiles sont tous au congrès des animaux

Q8 : comment mettre une girafe dans un réfrigérateur ? comment mettre un éléphant dans un réfrigérateur ?

R : a/ j’ouvre la porte, je mets la girafe, je referme la porte ; b/ j’ouvre la porte, je sors la girafe, je mets l’éléphant, je referme la porte

Q9 : décrivez l’équipe la plus hétérogène que vous avez eue à manager ?

R : …

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
 
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H de la semaine 19

 

 

Alors, ce n’est pas partout le cas, mais la tendance se propage et on peut la considérer comme excitante, cohérente, professionnelle - ou pas.

Au vrai, elle s’est déjà considérablement développée dans le monde du click, disons au sein des GAFA and co., et gagne de manière quasi virale le monde du mortar, les autres pans de l’économie y étant venus les uns après les autres, peut-être jusqu’à ce qu’une nouvelle mode ne les remplace, allez savoir.

Les ? On veut parler des tests, des casse-têtes (dingues), des énigmes (souvent impossibles) et autres techniques d’entretien (décoiffantes)

Ils se substituent, sur un mode ludique, aux questions sur les origines, les professions des parents ou des conjoints, les entretiens biographiques et autres analyses graphologiques – ce n’est pas plus mal avouons-le.

Vous recruteriez-vous ? Oui ? Alors, répondez à ces questions  :

  1. 3 hommes et 3 lions sont sur la rive d’un fleuve. Vous devez tous les transporter sur l’autre rive en utilisant un bateau unique qui ne peut prendre que 2 créatures (homme ou lion) à la fois. Vous ne pouvez pas laisser les lions devenir plus nombreux que les hommes sur l’une ou l’autre rive du fleuve au risque que les lions ne le(s) dévorent. Comment effectueriez-vous ce transport ?
  1. il y a trois femmes en maillot de bain. Deux sont tristes et une est heureuse. Les femmes tristes sourient et la femme heureuse pleure. Pourquoi ?
  1. un homme a poussé sa voiture jusqu’à un hôtel et a perdu sa fortune. Que s’est-il passé ?
  1. combien demanderiez-vous pour nettoyer toutes les vitres de la Défense ?
  1. quels défis X (l’entreprise qui recrute) devra relever les 10 prochaines années ?
  1. vous rapetissez jusqu’à la taille d’une pièce de 5 centimes d’€ et êtes projeté dans un mixeur. Les lames entrent en action dans 60 secondes. Que faites-vous pour en sortir ?
  1. il vous faut franchir une rivière dans une région infestée de crocodiles et vous n’avez pas de bateau. Comment faites-vous ?
  1. comment mettre une girafe dans un réfrigérateur ? comment mettre un éléphant dans un réfrigérateur ?
  1. décrivez l’équipe la plus hétérogène que vous avez eue à manager ?

Alors, ça donne quoi ?...

(réponses la semaine prochaine)

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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H de la semaine 18

 

 

Vous seriez-vous recruté ? #3

Dans les Testaments trahis, Milan Kundera rapporte que durant la rédaction de Don Quichotte, Cervantès « ne s’est pas gêné, chemin faisant, pour infléchir le caractère de son héros ». Il explique ainsi que si Diderot, Sterne ou ce même Cervantès nous envoûtent encore, c’est bien parce qu’ils improvisaient. Ils ne sentaient pas prisonniers d’un cadre, d’une histoire ou d’un scénario. Il en allait ainsi dans les grands textes classiques tels l’Iliade, l’odyssée ou les Mille et une nuits. Après eux, quelque chose s’est perdu : cette légèreté, cette insouciance. L’art de la composition est devenu complexe et rigoureux. Il suffit, nous indique toujours Milan Kundera, de feuilleter en Pléiade les notes de Dostoïevski sur (par exemple) les Démons : 7 cahiers de notes de 400 pages pour un roman qui en fait 750…

Nous songions à ce passage de Kundera au moment d’aborder le 3ème volet de notre série « Vous seriez-vous recruté ? » consacré au… CV ! Et oui, le Curriculum Vitae, ce fameux « déroulement de vie », qui constitue la matière première de tous les recruteurs ! Peut-il être improvisé ? Pensé « out of the box » ? Peut-on, à l’instar de Cervantès, chemin faisant, en infléchir le cours et y introduire d’autres notes sur qui nous sommes et sur ce que nous avons fait ?

C’est amusant : le CV s’appelle toujours le CV. C’est un morceau du passé (le latin ajoute à son âge, qui lui donne un côté avant Jésus Christ ou Guerre des Gaules), qu’on lit au présent et qui est censé préparer l’avenir. Ici et là, on le dit pourtant condamné. Par quoi ? Par l’air du temps, le digital, les réseaux sociaux (« consultez mon profil sur L*** » nous disent des candidats chassés…), les outils prédictifs, la cooptation…

N’allons pas trop vite en besogne : le CV, quoiqu’on en dise, a encore de beaux jours devant lui. Il a déjà largement évolué au fil des ans, effaçant les dates (de naissance), les adresses (de résidence), les numéros de téléphone (parfois), les photographies (souvent) ou les loisirs. Se réduit-il, pour les recruteurs et à leur grand dam, à une somme d’indices, un jeu de pistes, une chambre d’échos ? Pas tout à fait ! Parce qu’à mesure que certains indices s’effacent, un peu comme dans Memento (Souviens-toi… en latin !) de Christopher Nolan, d’autres apparaissent : essentiellement chiffrés, ils donnent aux parcours des jalons mesurables, systématiquement traçables – et systématiquement tracés...

Car on a beau se projeter sur de nouveaux modes de management (à distance, internationaux, pluri-générationnel, responsabilisant, en équipe…), appeler à briser les codes (dans un monde complexe et changeant), afficher qu’il ne faut plus recruter des clones (plus de « plug and play » ou de bataillons de têtes bien faites mais des talents en rupture, créatifs, agiles), la réalité résiste. Une réalité différente mais qui dit, au fond, la même chose – en pire ?

Les données quantitatives ont désormais envahi les CV : les dates de naissance disparaissent ? Les types psychologiques MBTI, Golden ou Process com les remplacent. Les adresses ne figurent plus ? Les résultats de nos actions, dûment quantifiées (hausse du CA, progression de l’EBIT, baisse des CAPEX, notes au TOEIC…) s’y substituent. Ainsi, vaille que vaille et loin des libertés du récit de Cervantès, les CV racontent notre entrée dans un monde neuf et surprenant, saturé de megadonnées et de chiffres qui raisonnent, pour ainsi dire par eux-mêmes, à coups d’algorithmes et de statistiques. Bientôt, si nous n’y prenons garde, ils régiront nos pensées, nos actions et nos parcours de femmes et d’hommes numériques.

Après le CV, les chiffres. Après la qualité, la quantité. Après l’homme, quel homme ?... 

(à suivre…)

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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H de la semaine 17

 

 

Auriez-vous recruté Roger Federer ?

La question ne se pose pas. C’est indécent de la poser. C'est une hérésie. La réponse est OUI, 18 fois OUI, 18 comme le nombre de Grands Chelems qu’a remportés Roger Federer au cours de sa carrière. Le dernier, tout le monde le sait, date de ce week-end : nous sommes à Melbourne, Rodge a 35 ans, un âge où on ne gagne plus au tennis des matchs en 5 sets, a fortiori des tournois du Grand Chelem, un âge où on considère (encore) le Maître comme un chef d'œuvre mais en péril, cuit pour le tennis et les grandes victoires : eh bien non ! Rodge est là, toujours là, mieux que là : à jamais là, en un mot éternel.

Comment jamais se lasser de regarder jouer un tel joueur ? Nous sommes quelques uns - des millions en réalité… - capables de regarder en boucle ses plus beaux matchs, à nous lever à pas d’heure pour le voir disputer un premier tour dans un tournoi ATP 500 à l’autre bout de la terre, à collecter tous les articles le concernant. Au génie absolu qui marque chacun de ses gestes, d’une pureté, d’une fluidité et d'une grâce inégalées, s’ajoutaient pourtant  depuis quelques années une fragilité, des blessures, un doute sur sa capacité à résister aux nouveaux maîtres du tennis, les Djoko, les Murray, les Wawrinka. Aussi improbable cette réalité fut-elle, nous aussi nous étions laissés contaminer par l’idée que Roger était devenu mortel, sinon ordinaire au moins « battable ». Gagné par l’âge, les douleurs qui vont avec et une moindre vitesse, il gagnait moins, se blessait plus ; son compteur en GC restait bloqué à 17, le dernier datant de… 2012 à Wimbledon. Personne ne l'imaginait en gagner davantage - certains s'en réjouissaient même.

Car il nous arrive de lire, sur les forums de l’Equipe.fr, les échanges entre les pro Nadal (tiens, un revenant lui aussi) et les pro-Federer :  le plus souvent, ils sont d’une violence inouïe à l’instar de ceux qui prévalent aux échanges entre les pro Messi et les pro Ronaldo. Nous ne comprenons pas cette violence. Chacun (Rafa et Rodge) incarne des écoles différentes, les deux dignes d'éloges ; Nadal est du coté de la terre, Federer de l'air, Nadal incarne le muscle et la transpiration, Federer la légèreté et l’inspiration. Nadal est un magnifique artisan, qui fait comme toujours, doté d'un talent et d’une puissance incroyables; Federer est un pur génie, qui fait comme jamais, inventant de nouveaux coups, de nouveaux codes - un nouveau tennis, un tennis de rêve (qui n’exclut pas le travail et même, le plus souvent, un travail acharné)..

Nombreux sont ceux qui ont essayé, à force d'observation, de décrypter le mystère des coups de Roger Federer. David Foster Wallace (qui fut un des plus grands écrivains américains du 21ème siècle) est tombé amoureux de Federer devant sa télé au début du quatrième set de la finale de l’US Open 2005 qui l'opposait à André Agassi. Alors que, devenu commentateur pour la télévision, John McEnroe s’écriait : "Comment Federer peut-il faire un coup gagnant dans cette position ?", l’épouse de Wallace découvrit son mari à genoux devant l’écran, bouleversé par le spectacle. Federer gagna le match ; l’année suivante, il n'en perdit que quatre sur les quatre-vingt cinq qu’il disputa. Wallace écrivit alors pour le New York Times un texte éblouissant (et devenu mythique) où il décortique la gestuelle fédérienne. Il dit s’être inspiré du commentaire d’un conducteur de bus qui lui parlait de son plaisir à observer le jeu de celui qui était alors n°1 mondial: "Une putain d’expérience quasi-religieuse", avait marmonné le chauffeur. "Il y a plusieurs sortes d’explications à la beauté de Federer, écrit David Foster Wallace. L’une d’elles implique le mystère, la métaphysique et est, selon moi, la plus proche de la vérité. Cette explication métaphysique implique que Roger Federer compte parmi les très rares athlètes “surnaturels” qui semblent échapper à certaines lois de la physique. Comme Michael Jordan, qui restait dans les airs plus longtemps que la gravité n’aurait dû le lui permettre, ou comme Mohamed Ali, qui flottait vraiment sur le ring et réussissait à placer deux ou trois coups pendant que les autres n’en plaçaient qu’un. On peut nommer une demi-douzaine d’autres exemples depuis 1960. Et Federer est l’un d’eux – un être que certains appellent génie, ou mutant, ou extraterrestre. Il ne semble jamais bousculé ou hors d’équilibre. La balle s’approche de lui avec un temps de retard."

Comme tous ceux qui ont joué au tennis, nous avons été confrontés à cette notion de temps. Elle nous semble fondamentale en sport comme dans la vie. Temps nécessaire pour aller d'une ligne à l'autre, pour renvoyer un service ou un coup puissant de l'adversaire - pour s'organiser face à lui. Temps qu’on subit ou qu'on s'approprie. Temps qui s'impose ou dont on dispose. Roger Federer a plus de temps que nous, beaucoup plus de temps, un temps infini. "Le temps dure longtemps, et la vie sûrement plus d'un million d'années" chantait Nino Ferrer. Pour Roger (ou Michael Jordan ou Carl Lewis...), qui ont un "œil" et une synchronisation parfaite, le temps dure aussi plus longtemps - tandis qu'il dure, à proportion, beaucoup moins pour ses adversaires, pris de vitesse (tel fut le cas de Nadal en finale à Melbourne et avant lui Berdych ou Nishikori).

Le temps est ainsi une matière fluctuante, qui n'a pas la même durée en fonction des circonstances ou pour chacun d'entre nous. Selon que nous serons pressés ou que nous nous ennuierons, les 60 minutes qui composent une heure filent ou s'allongent. Nos journées au travail ne sont pas les mêmes non plus. Les mêmes agendas ne produisent pas les mêmes effets. Certains d'entre nous ont besoin de temps - pour mener à bien un entretien, pour boucler un dossier, pour conduire un chantier. D'autres font tout deux fois plus vite, portés par d'autres priorités, des dons ou un sens de l'efficacité différent.

En réalité, le secret du temps a partie liée à la vie – et dès lors à l'espoir. Le temps est en profondeur ce qui laisse toujours quelque chose à attendre et à espérer. Par exemple un 19ème Grand Chelem pour Roger Federer ?!... Les paris sont ouverts !

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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H de la semaine 16

 

 

Auriez vous recruté... la Fête ?

Ce soir Hudson fête son année 2016.

Oh ce n'est pas ce genre de fêtes qu'on a connues à Versailles il y a quelques siècles, sous les ors mille fois reflétés de la galerie des glaces, dans l'effervescence des mots d'esprit, le froufrou des robes à vertugadin et les cascades de notes de Lully.

Ni celles qui nous firent tant rêver, plus jeunes, quand nous lûmes pour la première fois The Great Gatsby, New York posé au loin tel un mirage, les échos assourdis des orchestres en frac jouant des standards de jazz et les lumières vacillantes dans les yeux des amants qui refusent au jour le droit de se lever.

Non, loin de cette munificence, nous avons choisi chez Hudson de réserver un endroit cosy qui nous ressemble : il s'accoude au comptoir que forme la Seine et présente, la nuit venue, des airs de compagnon qu'on ne quitte pas. Des fêtes s'y donnent de temps à autre qui ont le goût délicieux des revenez-y.

Le vin ce soir sera donc rouge et blanc ; très vite, il fera briller les yeux des filles et des garçons. Bien sûr, rassurez-vous : nous le boirons avec modération. Les tapas se renouvelleront comme par enchantement sur les tables pour rappeler, la chaleur en moins, les Espagne de nos étés adolescents. Nous serons entre nous, avec quelques étoiles dispersées au-dessus de La Défense qui ressemblera, à cette heure, à un gros chat assoupi. Quelques anciens dont l'absence nous pèse nous rejoindront peut-être ; des stagiaires qui ne se résolvent pas à partir auront eu vent de la fête : ils viendront à notre plus grande joie, emmenant avec eux le froid du dehors et la chaleur de leurs rires.

Côté musique, autant vous dire que nous serons au top. Lully, n'en déplaise à Louis XIV, ne s'invitera pas dans les play-lists : c'est, d'un point de vue purement artistique, sans doute regrettable. Mais entre Daft Punk, Phoenix et Bruce Springsteen, après avoir dansé sur Drake et Beyoncé, avouons que nous prendrons un immense plaisir à chanter, sans doute fort et de toute évidence faux, Pour un flirt avec toi de Michel Delpech ou Ces soirées là de Yannick. Nous comptons sincèrement sur vous pour ne pas l'ébruiter.

L'année 2016 qui s'éloigne, qui est presque oubliée, a été très réussie mais est-ce une raison pour la fêter ? Ou faut-il fêter 2017 qui démarre dans le froid mais sur les chapeaux de roue ? Non, car il n'y a aucun motif valable pour faire la fête : c'est pourquoi il faut la faire le plus souvent.

Parmi toutes les raisons qui font qu'un salarié reste dans son entreprise (sous entendu : parce qu'il y est heureux), arrive toujours en tête la qualité des relations humaines qu'il y rencontre au quotidien.

Bien entendu, nous pouvons imaginer le bonheur au travail sous l'angle exclusif du développement de nos compétences, de l'accroissement de nos aptitudes et de la progression consécutive de nos rémunérations. C'est ce dont nous discutons en général lors des entretiens de recrutement, en retraçant à coup de pourcentage les progressions observées et en exprimant notre désir de changement lorsque ces progressions, soudain à un chiffre, se tassent ou diminuent. C'est important mais ce n'est pas suffisant.

Car le plaisir vient le plus souvent de facteurs plus diffus, plus impalpables comme la nature des liens que nous tissons sur notre lieu de travail, avec les autres, nos collègues, nos managers, nos collaborateurs. Et ces autres pourtant, aussi décisif soit notre libre arbitre, nous ne les avons pas choisis. Certains étaient là avant nous ; d'autres seront là après nous. Quel meilleur moyen de les connaître que de chanter, à leurs côtés et à tue tête, "Allumer le feu" ou de danser sur "Twisting by the pool" ? Quelle meilleure façon de tisser des liens avec eux que d'évoquer des sujets qui ne ressortissent pas au quotidien professionnel : les enfants, les souvenirs, le prochain Martin Scorsese ou le come back fabuleux de Roger Federer ? Il y a dans la fête un renversement des termes qui nous plait, où chacun abandonne son rôle, se défait de ce qu'il est et va vers l'autre sans trace de calcul, en parfaite transparence, en totale bienveillance.

Ce soir, vers minuit, nous faisons donc le pari que nous nous connaîtrons encore mieux - et en nous connaissant mieux, nous sommes convaincus que nous vous connaîtrons mieux. Et qui sait si un jour nous n'organiserons pas des fêtes de recrutement, où nous chanterons et danserons avec nos candidats et nos clients  : ce sera plus disruptif, plus ludique et plus chaleureux que des entretiens non ?

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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H'Tag Out of the Box #2

 

 

Le coach à toutes les sauces ?

Il suffit de peu ou d’un rien aujourd’hui pour nommer coach tout professionnel qui nous apporte savoir-faire, conseils, bien-être… : relooking, soutien scolaire, diététique, ...

Métier-valise ou métier à part entière ? Effet de mode ou mode de marketer certaines professions ? Qu’en est-il au-delà des principes du In et du Smart ?

Le coach n’est pas un formateur ! A savoir un sachant qui transfère ses connaissances à un non sachant, en restant maître de la matière, du rythme, de la méthode et en préparant des supports pédagogiques pour les participants. En coaching, c’est le client qui décide du sujet à traiter et, une fois les objectifs définis et le contrat signé, pas de préparation préalable. Avec des outils, techniques et postures spécifiques, le coach encourage et accompagne son client à trouver seul les solutions les plus adaptées à son environnement professionnel.

Le coach n’est pas un conseiller ! Expert d’un secteur ou domaine d’activité, le conseiller recommande des approches ou solutions qu’il contribue ou non à mettre en œuvre. Globalement, c’est aussi un sachant. Le client l’écoute et décide ensuite d’appliquer ou non les conseils donnés. Le coach, lui, est un accoucheur, qui aide le client à enfanter ses idées, à les transformer en actions et résultats. Le client fait son propre cheminement, expérimente pendant ou hors séance de coaching de nouveaux comportements ou approches, apprend par lui-même au lieu d’ingurgiter un savoir extérieur.

Le coach n’est pas un thérapeute ! Le psy explore notre vie personnelle et notre passé pour trouver la cause profonde d’un comportement perturbateur ou pathologique. Le coach intervient sur des problématiques d’entreprise et se concentre sur le présent avec projection dans le futur. Si le thérapeute classique assure une présence silencieuse, parfois énigmatique, le coach utilise son énergie pour créer les conditions qui permettent au client de construire ses propres stratégies (managériales, émotionnelles, relationnelles…) pour atteindre, voire dépasser les objectifs fixés au départ.

Le coach n’est pas un mentor ! Personne plus expérimentée, le mentor montre l’exemple, transmet son savoir-faire professionnel et sa connaissance du business à des collègues plus jeunes. En coaching, on part du principe que le client est créatif et qu’il a toutes les ressources nécessaires pour prendre son devenir professionnel en mains. Le coach nous aide à nous structurer différemment et à nous mettre en mouvement pour y parvenir Le plus souvent, le client sait où il veut aller, mais soit il n’ose pas écouter son intuition, ressenti ou désir, soit il n’est pas pleinement conscient de sa puissance, soit il ne s’est pas donné la permission d’entreprendre pour réussir et s’épanouir. Le coach est donc un révélateur de talents et de potentialités, qui met en place un processus pendant lequel le client apprend à apprendre à réussir !

Ceci étant, définir un métier par ce qu’il n’est pas ne le rend pas plus clair, me direz vous. D’accord, mais comment concentrer en une explication simple quelque chose qui touche à plusieurs domaines (psychologie, communication, management, théories de l’organisation…) sans appartenir à un en particulier ? Art du questionnement, écoute active, reformulation, feedback bienveillant, prise de conscience, considération positive inconditionnelle ? Oui, et tant d’autres choses encore !

En regardant ce qu’il a en commun avec des métiers plus classiques, vous serez peut-être convaincus ! Juste deux pistes clés : le coach a suivi une formation au coaching certifiante, dans une école reconnue par la profession[1] et ses interventions sont jalonnées par un code déontologique spécifique.

Le coach Hudson a ajouté à son arc une nouvelle corde : l’approche neurocognitive, basée sur les recherches en neurosciences et sciences du comportement, qui offrent un regard neuf sur notre fonctionnement (réactions, motivations, processus de décision, gestion des émotions…). Nos coaches sont en fait des passeurs qui, grâce à une démarche éclairante, ludique et rigoureuse, aident leurs clients à passer d’un mode de gestion automatique des situations à un mode de gestion adaptatif. Les coachés apprennent ainsi à tirer le meilleur parti des expériences vécues pour améliorer leurs savoir-faire et réactions face aux situations nouvelles, inattendues, changeantes, complexes.

 

Alexandra APOSTOLESCU, Responsable activité Assessment-Développement des compétences, Psychologue du travail & Coach

 


[1] IFC France : les 11 compétences essentielles du coach ; EMCC France ; Société Française de Coaching

 
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H de la semaine 15

 

 

Vous recruteriez-vous ? La question qui donne le titre à notre série (qui s’étalera sur quelques semaines et qui procèdera sans esprit de logique, par sauts et gambades comme l’écrivait Montaigne) a pu surprendre mais n’est-elle pas la meilleure à se poser au moment où nous cherchons à changer de job ?

Me recruterais-je ?

Lors du billet d’ouverture, nous avions réfléchi à notre identité : le sujet était vaste et notre contribution brève. Nous avions néanmoins vu que, sitôt fixée, notre identité nous échappait. Fluide, impermanente et liquide, elle se métamorphosait encore plus vite aujourd’hui qu’hier, difractée par nos diverses empreintes sur la Toile, reflets de nos désirs, de nos élans, de nos moi, du temps, de nos oublis, de nos jobs, un coup prolixe sur Facebook, un autre mesurée sur LinkedIn, partout une et plusieurs, relayée par nos proches, nos enfants ou nos parents, nos relations professionnelles : qui suis-je ? Disons plutôt : qui suis-nous ? Me recruterais-nous ?

Jean-Marc Roberts est mort en 2013 : il était jeune, il avait 59 ans. Editeur subtil et à succès, il est l’auteur d’une trentaine de livres que nous avons tous lus. Légers, comptant rarement plus de 120 pages, ils se lisent en une heure à peine, en un clin d’œil. Ils se ressemblent tous un peu, avec un côté dépêchons-nous d’en rire de peur d’en pleurer - le côté doux amer, insuffisant, follement charmeur qu’ont les lettres d’excuses que nous recevons d’amoureux que nous n’avons pas oubliés... Nous en sortions enchantés et nous les oubliions jusqu’au prochain – qui nous enchantait de nouveau. Son dernier récit, rédigé durant la maladie qu’il raille et qui l’emporte, s’appelle Deux vies valent mieux qu’une. Titre facile selon lui (mais il se l’était accordé au motif qu’il serait son dernier), il raconte au moment de mourir ses années de jeunesse en Calabre où on appelait les filles en bikinis « due pezzi » - deux morceaux… Deux vies, deux morceaux parce que JM Roberts compare sa vie de malade à la Pitié à celle d’adolescent en Calabre. Combien de nos vies valent mieux qu’une ?

Si le moi est devenu à ce point multiple et fragmenté, il en va de même pour autrui. « Je suis dans un jardin public, non loin de moi voici une pelouse, et le long de cette pelouse, voici des chaises. Un homme passe près des chaises. » C’est ainsi, dans l’Etre et le Néant, que Jean-Paul Sartre fait surgir Autrui. En 2017, nous pourrions écrire « Je sors du bureau d’un chasseur de tête, Hudson, à Neuilly. Dans le hall d’entrée, voici un fauteuil, une lampe, des photos encadrées en noir et blanc. Un homme, un autre candidat, passe près de ces photos. »

Chez Sartre, le décor est anonyme, un jardin public, l’individu est un inconnu, il ne nous regarde même pas. Pourtant, ce qui nous atteint d’emblée, sans coup férir, c’est le fait même d’autrui. Le simple fait de nous voir, c’est nous récupérer, c’est nous précipiter hors de notre monde ; nous étions liberté pure, conscience dégagée de tout ancrage, « transparence sans mémoire et sans conséquence » et nous voici soudain devenus quelqu’un. Notre être n’est plus nous, engagé qu'il est par un autre être, considéré selon ses yeux, annexé à son jugement et à ses codes. Surgit dès lors un double malaise : celui d’être réduit par le regard de l’autre à un simple objet et que cet objet est sa propriété puisqu’il nous échappe. « Autrui est pour moi à la fois ce qui m’a volé mon être et ce qui fait qu’il y a un être qui est mon être. »

Car que sommes-nous sans autrui ? Lorsque nous chasseurs ne retenons pas un candidat (ou qu’il n’est pas retenu par un de nos clients), nous lui expliquons en toute transparence qu’(en dépit de l’excellence avérée de sa candidature) un autre candidat lui a été préféré (au profil plus excellent encore). Il est alors facile de penser que « l’enfer c’est les autres » comme l’écrivait Sartre (encore lui) dans Huis Clos. On se trompe pourtant sur cette expression. Dans ce Huis Clos, il n’y a pas de miroir : chacun ne peut donc se voir que dans le regard des autres. Nul échappatoire ; nulle identité propre. Si les autres nous voient comme un pauvre type ou un pleutre, c’est que nous le sommes ; comme un saint ou un salaud, c'est le même tarif. Car pour Sartre, nous ne sommes rien en soi, de manière déconnectée de la relation aux autres : tout ce que nous sommes, nous le sommes dans le rapport exclusif aux autres. Les autres font de moi ce que je suis.

On se souvient de cette phrase de Samuel Beckett : « D’abord j’étais prisonnier des autres. Alors je les ai quittés. Puis j’étais prisonnier de moi. Alors je me suis quitté. »

Dois-je me quitter, quitter les autres ou... les chasseurs pour me recruter ?

A suivre…

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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H de la semaine 14

 

 

La question peut surprendre mais elle est celle que nous nous posons in fine chaque fois que nous répondons à une annonce ou postulons dans une entreprise : me recruterais-je ?

Car nous avons compris, hélas, que nous n’étions pas seuls et que tout recrutement est une partie, simple ou complexe, qui se joue à plusieurs : moi certes, mais aussi le cabinet de recrutement, le responsable hiérarchique du poste, d’autres responsables parfois (jusqu'à la Direction Générale), très souvent les DRH ou Responsables du recrutement ou des carrières – et enfin tous les candidats qui, eux aussi, s’estiment taillés pour le poste et qui n’ont qu’une envie : passer, triomphants, sourire aux lèvres, devant nous.

Si certaines données nous échappent et nous échapperont toujours, qui ressortissent des non-dits qui existent dans tout recrutement et de la volatilité des mondes dans lesquels nous évoluons (qu’est-ce qui dit que la vérité d’un poste et d’une organisation aujourd’hui sera toujours d’actualité demain ?), il n’empêche : tout processus de recrutement, s’il ménage encore l’intuition, le coup de cœur ou de poker, se veut un processus d’objectivation, de preuve, de réassurance – les postes sont pesés, les contextes explicités, les descriptions de fonction challengées, les profils et origines (expérience, aptitudes, parcours…) des candidats longuement évalués selon un double prisme biographique et comportemental. C’est la raison d’être des cabinets comme Hudson. Y sommes-nous tous toujours préparés ? 

Qui suis-je ? Tout commence (et finit ?) par là. La question, nous sommes forcément amenés à nous la poser lorsque nous répondons à une annonce. Qui suis-je : les premiers éléments de réponse sont donnés dans le CV à l’heure même où nous nous apprêtons à le rédiger. Qui suis-je et donc que mets-je dans mon CV ou ma page LinkedIn ? Nous voilà d’emblée confrontés à notre moi, à notre identité : ce que nous disons est aussi significatif que ce que nous ne disons pas, ce que nous montrons est aussi profond que ce que nous cachons…

Il y a au moins deux sortes d’identité : une est numérique. Elle est celle qui marque notre carte d’identité. Elle commence par le 1 ou le 2 selon que nous sommes un homme ou une femme, puis l'année et le mois de notre naissance, le département, la commune et le numéro d’inscription sur le registre des naissances. À ce numéro, on peut ajouter l'adresse de notre domicile, nos numéros de téléphone, notre taille ou la couleur de nos yeux. Cette forme d'identité est un marqueur administratif et juridique. Unique, ineffaçable et d'une certaine manière déshumanisante, elle nous suivra de la naissance à la mort. Pourtant, extérieure et chiffrée, elle ne dit rien de nous. Yves Michaud l'appelle "ipséité". Je suis ce "je", ce numéro : c'est moi mais ce n'est pas moi.  Ce moi/ pas moi déserte d'ailleurs de plus en plus les CV. Un numéro de téléphone et une adresse mail suffisent désormais : l'ipséité  ne fait pas vendre... 

L'autre identité est plus importante : elle tient à l'essence de ce que nous sommes, à notre épaisseur, à ce que nous pourrions appeler, à défaut d'autre chose, notre substance. Comment la définir ? L'exercice n'est pas simple, c'est l'histoire même de la philosophie. Nulle part en nous, un lieu, un endroit de notre cerveau ou de notre cœur, une carte secrète n'abrite ce que nous sommes : nos qualités, notre tempérament, nos désirs, nos goûts, nos traits de caractère, nos fantômes. Les scolastiques que cite Voltaire qualifiaient cette deuxième identité la quiddité - à proprement parler "ce qui fait qu'un être est ce qu'il est". 

Si l'identité "quidditive" n'a rien de réel, ni explicite, ni vraiment permanente, elle peut être objectivée par nos parcours professionnels, par nos vies familiales, par nos positions sociales : tous et toutes lui apportent une fluidité et une liquidité inédite, facilitée par la technologie et les réseaux sociaux, professionnels ou personnels. "J'ai rédigé plusieurs CV" nous confient parfois des candidats : plusieurs CV, combien de moi, combien d'identités en puissance ? Quels liens entre FB et LinkedIn ?

 

Lors d'un procès, un avocat opposé à Maître Kiejman lui avait lancé : "Je vous connais bien Maître" à quoi, dans un éclair, il lui avait rétorqué : "Eh bien, vous en savez plus que moi !"

Vous connaissez-vous vous même ? ( à suivre jeudi prochain avec Sartre et Hegel en invités surprise)

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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