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InTALENTgenceBlog
 

Le H de la semaine #7

 

 

Mais qui vous écrit ? Des morts vivants. Partout, sur ce support, dans le fil d’actualité des réseaux sociaux, au long des blogs, notre mort est proclamée, les faire-part imprimés, les cercueils cloués.

De quelle mort parlons-nous ? Mais de la nôtre pardi, celle des cabinets de recrutement. 

Nous ont tués, nous tuent ou vont vraiment nous tuer (il y a encore on le voit là une forme de suspense) les job boards, les réseaux sociaux, Internet, le numérique, les tests psychométriques, le Big Data, le prédictif, les algorithmes  – et : l’agilité, la jeunesse, le neuf.

Vous avez peur pour nous ? Allons, allons.

Notre métier – mais pourquoi en irait-il différemment dans notre métier que dans d’autres ? – a profondément muté. Il y a vingt ans, il consistait à identifier "dans le noir le plus absolu" des candidats, à les attirer, les évaluer, les convaincre - les réseaux sociaux n’existaient pas. 

Les chasseurs avaient des lampes frontales, des cordes de rappel, des mousquetons et des rivets – la dématérialisation n’existait pas

Ils décortiquaient des organigrammes et des annuaires d’écoles, ils publiaient des annonces dans des journaux – Internet n’existait pas

Ils franchissaient à grand-peine des barrages assistantes-Polizei ou des standards-cerbère – le portable n’existait pas

Ils posaient tout type de questions à des candidats prêts à répondre à tout type de questions – le Défenseur des Droits n’existait pas

Le temps existait mais il n’était pas le même, plus long, plus dense et, en apparence, plus rassurant. Les recherches duraient des mois – et les jobs, comme le Sud, des millions d’années…

Aujourd’hui (cf. l’excellent Narcisse et ses avatars d’Yves Michaud), l’urgence a remplacé le temps, l’image les mots, l’expérience le sujet et la quantification la réflexion.

Tout est ainsi devenu mesurable, étalonnable, comparable - tout se ramène désormais à des colonnes de chiffres. Durant un match de foot, sont calculés instantanément la durée, l’intensité ou la distance de courses des joueurs, le nombre de passes réussies etc. – idem au tennis, au rugby, au basket ou en F1. Au quotidien, sont détaillés la teneur en calories de nos yaourts, tartines et petits plats, le taux d’émission de CO2 de nos voitures, la température des villes que nous avons un jour visitées, le nombre de pas que nous avons effectués, le nombre d’étages gravis, le nombre de Like et Dislike de nos publications, le nombre de nos followers…

Et vous, et nous ? Réduits à notre numéro de Sécu, nos tests psychométriques, mesures d'intelligence et niveau d'anglais, nos indices de masse graisseuse et de cholestérol le tout revisité par le Big Data : ces quelques lignes, nous-mêmes, synthétisées sous forme de code matcheront-elles - ou pas - avec les entreprises qui recrutent sur une joyeuse plate-forme d’échange planétaire ?...

Et si on songeait un instant, un seul instant, que les choses ne sont pas aussi simples, que nous les hommes échappons (pour quelques années, décennies ?) au pouvoir de la machine, du Big Data et des algorithmes ?

Il semblerait que lors d'une récente élection outre-Atlantique, un homme a été donné battu par toutes les machines, par tous les algorithmes et dans toutes les situations ; cet homme a été élu. Il semblerait qu’un krach planétaire a pu intervenir en 2008 alors même que tous les ordinateurs de toutes les banques dans le monde compilaient et processaient des zettaoctets de chiffres et d’indicateurs ; ils n’ont rien vu.

Les deux chercheurs d'Oxford qui ont travaillé sur l'impact de la numérisation sur l'emploi se sont interrogés sur la capacité d'un ordinateur à concevoir une bonne blague : leur conclusion a été qu'il en est incapable. De même ont-ils jugé que toutes les tâches mettant en jeu l'intelligence sociale ou affective n'étaient pas près d'être informatisées. "Scanner, cartographier et numériser le cerveau humain est une possibilité, mais qui reste à l'heure actuelle très théorique" ont-ils conclu.

Bref, l'homme est toujours plus fort que la machine, la réflexion plus pertinente que les seuls chiffres ou tests, le sens et la vision que nous leur donnons plus importants que tout. Nos vies sont remplies d'existences qui échappent à l'essence et défieront encore longtemps les algorithmes et le Big Data...

Mais qui vous écrit ? Des consultants en Talent Acquisition et Talent Management chez Hudson bien vivants...

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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H'Drives

 

 

Hudson vous propose de participer à notre étude sur les leviers de motivation et de performance au travail !

H’Drives

Une étude pour décoder les leviers de motivation des Y par rapport à leurs aînés X et Baby Boomers

Après « Le choc des générations » publiée en novembre 2014, étude basée sur les attitudes professionnelles, nous avons choisi d’orienter nos recherches vers la motivation… des Y. Pourquoi ?

Parce que c’est la motivation qui inspire, encourage et stimule le niveau d’implication des collaborateurs. Parce que c’est la motivation qui pousse aux accomplissements les plus aboutis, au dépassement de soi et contribue aux plus belles réussites.

La génération Y (et bientôt la Z) a rejoint le monde du travail. Elle bouscule les habitudes des managers. Elle modifie en profondeur la gestion des ressources humaines. Plus encore que pour les générations précédentes, la motivation apparait désormais comme l’élément clé de la performance des Y dans un monde qui leur ressemble, complexe, vulnérable, changeant.

 

POURQUOI PARTICIPER ?

Parce que c’est une occasion unique de participer à une étude d’envergure, ouverte à toutes les entreprises, sur un sujet majeur, qui embrasse de nombreux aspects de l’entreprise : qualité de vie au travail, création de valeur, avantages concurrentiels…

Parce que vous trouverez des pistes de réponse à la question : « Quelle stratégie de motivation efficace déployer dans mon entreprise ? »…

Parce que vous aurez un retour sur investissement sur le plan du management et de la gestion des ressources humaines…

Parce que les collaborateurs sollicités pourront mieux comprendre ce qui stimule leur performance et leur épanouissement professionnels…

Parce que vous bénéficierez des résultats en avant-première… mais aussi parce que cette étude ne vous demandera qu’un minimum d’investissement en termes de temps…

 


Notre étude sera basée sur les résultats du questionnaire on-line MDQ [Motivational Drives Questionnaire], exclusivement développé par le centre de R&D d’Hudson. Le MDQ est un questionnaire on-line dont le temps de passation est estimé à environ 15/20 mn.

Ce questionnaire, construit autour de 15 leviers de motivation, a pour objectif de mettre en lumière les facteurs qui stimulent un collaborateur à donner le meilleur de  lui-même dans son activité professionnelle.


 

UN PANEL REPRESENTATIF

Notre panel comprendra au moins 600 personnes et sera composé exclusivement de cadres et cadres supérieurs répartis équitablement :

  • 200 cadres | Génération Baby Boomers
  • 200 cadres | Génération X
  • 200 cadres | Génération Y
 
 
NOS ENGAGEMENTS
  • Vous délivrer les résultats de l’enquête en avant-première 
  • Envoyer, à chaque collaborateur participant à l’étude, ses résultats et lui proposer, s’il le souhaite, une restitution par téléphone
  • Ne pas divulguer ou communiquer les résultats de l’étude en citant le nom de votre entreprise sans accord au préalable de votre part
  • Assurer la confidentialité totale des résultats de tous les participants à l’étude
  • Vous transmettre un kit de communication afin que ce projet ne soit pas une charge supplémentaire pour vous et vos équipes. 
  • Vous proposer de faire une cartographie des résultats de votre équipe vs l’ensemble du panel afin que vous puissiez l’exploiter comme un véritable outil de GRH. 

 

CONTACTEZ-NOUS POUR EN SAVOIR PLUS ET POUR PARTICIPER !

Nicole Prud’hommeDirectrice Département Talent Management

Alexandra ApostolescuResponsable d’Activité

Florence ChateauConsultante Senior

François CachetDirecteur du Développement

Audrey GiraudResponsable Marketing & Communication

 
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Le H de la semaine #6

 

 

Difficile en ce jour de ne pas écrire sur l’élection de Donald Trump. Difficile même si nous ne sommes pas politologues, encore moins experts en politique américaine. Ce que nous écrirons relèvera donc de l’humeur, qui reste le principe fondateur de notre billet, de l’approximation revendiquée et des liens, plus ou moins directs, que nous pouvons établir entre les résultats de cette élection et notre métier de recruteur et de coach.

Depuis hier, le monde est sidéré. Après le Brexit (Charybde), Trump (Scylla) ? Il y a 8 ans, l’Amérique donnait au monde, à nos démocraties, à notre vieille Europe un signe qui avait été jugé inouï et magnifique  en portant Barack Obama à la Maison Blanche : le cool, incarné par cet homme métis, incroyablement brillant et séducteur, était en marche. 8 ans plus tard, hier donc, la même Amérique (vraiment la même ?) raturait rageusement cette proposition : le cool était battu à plate couture, et a déboulé qui on sait.

Cette victoire, celle de ce milliardaire hâbleur, menteur, provocateur, profane en politique, nul ne l’avait vu venir : il était pris dans l'ensemble des médias au mieux pour un bouffon, au pire pour un bouffon.

Une colère couvait pourtant, une incompréhension sourde devant le monde tel qu’il est devenu, complexe, changeant, incertain, imprévisible - injuste. Les gagnants d’hier, une classe ouvrière méritante qui à force de travail dans une économie porteuse était devenue moyenne et un peu plus, ont soudain été brutalement confrontés à la disparition du travail, des usines, de villes entières (rayées de la carte), à la flambée du chômage et de la précarité, à la stagnation des salaires et à la montée conjointe des inégalités (chez eux) et de la prospérité (chez les autres).

Un homme, cet homme, Donald Trump, a su capter cette colère, le plus souvent exprimée par des hommes blancs, mal cartographiés par les sondeurs, dans la force de l’âge ou celle-ci dépassée, des hommes délaissés et méprisés par les élites des côtes est et ouest aisées, éduquées, libre-échangistes, ouvertes aux idées humanistes et démocrates.

Pourquoi ces électeurs déboussolés ont-ils voté Donald Trump alors que, richissime, hors sol, aussi étranger à leur monde que l’était sans aucun doute Hillary Clinton, il n'apportera jamais à leurs attentes angoissées des réponses concrètes, solides et durables ?

Parce que les électeurs, dans la solitude de l’isoloir, choisissent le plus souvent un candidat... avec leurs émotions et leurs tripes... et en l'occurence leur colère, leur frustration, leur rage et un sentiment de revanche…

En amour, nous choisissons nos partenaires… avec nos sentiments et notre cœur… parce qu’il n’y a pas de raisons d’aimer, on n’aime pas pour ceci ou pour cela, c’est parce qu’on aime que l’on trouve une femme bouleversante ou un homme irrésistible, et non parce qu’elle ou il est bouleversante ou irrésistible qu’on l’aime… La preuve est d’ailleurs que la plupart des autres (amis, parents, proches) ne sont que rarement bouleversés par la femme ou l’homme que nous aimons…

En recrutement, nous, consultants en recrutement et clients pour lesquels nous travaillons, choisissons nos candidats… avec notre raison et notre tête en fonction du poste à pourvoir, du contexte du recrutement, de l’entreprise et, en miroir, des qualités des candidats, de leurs motivations, de leur expérience accumulée, de leur personnalité…

Un cabinet de recrutement tel qu’Hudson aurait-il présenté Donald Trump ? L'aurait-il présenté au vu de son parcours, de qui il est et du poste à pourvoir, des enjeux qui sont ceux de l’Amérique et du monde en ce début du 21ème siècle, de sa complexité infinie et de ses exigences ?

Laissons aux Etats-Unis, qui l'ont recruté, le soin de répondre dans les mois et les années qui viennent.

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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OPERATION COUP DE POUCE 2016

 

 

Pour la 9ème année consécutive, Syntec Conseil en Recrutement lance l’Opération Coup de Pouce à laquelle Hudson s'associe de nouveau. Nous recevrons cette année des candidats cadres en recherche d’emploi depuis plus de 6 mois. 

Chez Hudson, à Paris mais aussi dans nos bureaux en région, nous ouvrirons nos portes à une trentaine de candidats qui bénéficieront d'un entretien individuel d'au moins 1 heure. L'objectif pour ces candidats est multiple : 

  • bénéficier de l'écoute de professionnels qui sauront déceler et faire émerger toutes les qualités, expériences et compétences à valoriser et sur lesquelles s'appuyer dans le cadre de leur réintégration professionnelle. 
  • mieux appréhender le déroulement d'un process de recrutement, et d'optimiser ainsi leur capacité de rebond professionel. 
  • recevoir des conseils sur leur recherche d'emploi : positionnement, présentation du CV, gestion de l'entretien, sensibilisation aux réseaux sociaux professionnels,... , ainsi que sur leurs projets en fonction de leur expérience du marché et des secteurs d'activités concernés. 
  • Accéder aux recruteurs et ainsi démystifier l'image des cabinets. 

En résumé,  cette opération est un "coup de pouce" aux candidats qui va leur donner, ou redonner, confiance et leur permettre ainsi de rebondir avec un maximum de chances de succès ! 

 

Chez Hudson, nous positionnons nos actions RSE au centre de nos engagements.

Au cours de l'année, nous organisons différentes initiatives afin d'aider les personnes en difficulté sur le marché de l'emploi. 

Afin d'en savoir plus sur nos différentes actions, n'hésitez pas à contacter Fatima Yagoubi : fatima.yagoubi@hudson.com

 

 

 
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#INCONTOURNABLE

 

 

Cette année encore, Hudson a été classé "INCONTOURNABLE" parmi les meilleurs cabinets de conseil en recrutement en France, dans la catégorie "Les Grands Généralistes Middle Management" (Classement Leaders League 2016). 

Voici les différentes catégories au sein desquelles Hudson a été classé en fonction de sa réputation sur le marché des cabinets de recrutement français, aussi bien en middle management qu'en top management : 

 

INCONTOURNABLE 

  • Grands généralistes Middle management 

 

EXCELLENT

  • Directions Financières Middle Management 
  • Investment Banking Middle Management 
  • Asset Management & Banque Privée Middle Management
  • Consumer Goods & Distribution Middle Management 
  • Life Sciences Middle Management

 

FORTE NOTORIÉTÉ

  • Directions Financières Top Management
  • Directions Marketing & Commerciales Middle Management
  • Technologies de l'Information & Digital Middle Management 
  • Banque de Détail Top Management 
  • Assurance & Prévoyance Middle Management 
  • Conseil & Professional Services 
  • Industrie

 

PRATIQUE RÉPUTÉE

  • Direction des Ressources Humaines 
  • International

 

Acteur mondial de premier plan, Hudson aide ses clients à optimiser leur performance en partageant avec eux son expertise, sa connaissance solide de leurs marchés et métiers ainsi que des outils et techniques d'évaluation développés par son département R&D. 

Avec près de 2000 collaborateurs présents dans 20 pyas, un réseau unique de centaines de milliers de Cadres, Managers et Experts, nous disposons d'une capacité sans égale à mettre en relation talents et opportunités professionnelles en évaluant, recrutant, développant et mobilisant les meilleurs profils pour nos Clients. 

Nous combinons envergure internationale, solutions RH innovantes et professionnelles avec une approche conseil sur-mesure pour aider Entreprises et Candidats à atteindre de meilleurs résultats.

 

Contactez-nous pour en savoir plus sur nos activités ! 

http://hudson.fr/fr-fr/france

 

 

 
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Le H de la semaine #5

 

 

Auriez-vous recruté… Archibald Haddock ?

On vous laisse le soin d’imaginer la scène : Georges Rémi sort de notre bureau !

Si ce nom ne vous dit rien, songez à ces initiales : GR, inversez-les : RG, et ajoutez 3 lettres, par exemple un H et deux E  : Bingo, c’est bien Hergé. Un coup d’œil sur le calendrier ne nous rajeunit pas : nous sommes en 1940. L’Europe est en guerre mais le journal du Petit Vingtième continue de tourner – et les aventures de Tintin de lui assurer un succès inédit.

Le problème que nous soumet Hergé a les apparences de la simplicité comme le sont sa langue, précise, et ses intentions, aussi claires que la ligne dont il est l’inventeur en BD. Hergé est un homme doux et affable, souriant, peu loquace ; on a l’impression fugace que, soudain et comme par enchantement, notre bureau s’est rempli de phylactères et de personnages calmes aux couleurs vives... Tintin, son héros, dont de Gaulle dira qu’il fut son seul rival international, a dès l’origine un compagnon on ne peut plus vivant, Milou, et quelques autres, moins vivants mais qui font sa signature : sa houppette, son pull bleu, ses pantalons de golf – sans parler de sa curiosité, de sa vivacité, de son intrépidité ou de son sens de la justice et de la déduction. Mais est-ce suffisant pour mener à bien les 16 aventures qui iront du Crabe aux pinces d’or (1941) aux Picaros (1979) ? Non, bien sûr que non. Il manque quelque chose, ou plutôt quelqu’un, un personnage qui détone, haut en couleurs, hors norme qui établisse avec Tintin un contraste vif et net - ce dernier, par-delà sa qualité de héros (et les vertus qui vont avec), apparaissant lisse, neutre, sans aspérité.

A propos des aventures de Tintin, dont on sait qu’elles comptent des fans absolus (philosophes, sémiologues, scientifiques, écrivains), on a évoqué la Comédie humaine de Balzac ou la Recherche de Proust : ce sont des œuvres à la richesse inouïe qui s’étendent sur plusieurs décennies, composées de personnages qui vont et viennent de livre en livre (ou d’album en album) se métamorphosant, se densifiant, se complexifiant – même si chez Hergé, magie de la BD, ils ne vieillissent jamais...

A la suite de la visite d’Hergé, on a repris les premières aventures de Tintin (sans Haddock donc) : elles sont déjà épatantes. Certes, on peut discuter de la place qu'y occupent les Soviets, une sorte d’œuvre avant l’œuvre, ou le Congo, vivant mais mineur (et qui en outre a fait débat). Mais le diptyque Cigares/ Lotus est un sommet, comme sont excellents l’Oreille cassée, l’Ile noire ou le Sceptre d’Ottokar. Il s’agit de récits à la maîtrise extraordinaire construits autour d’énigmes, d’objets (fétiches, sceptres, cigares, clés…), de symboles et de dilatoires (retards, équivoques, embûches, contresens…).

À les lire, on comprend néanmoins qu’Hergé ait besoin d’un appui supplémentaire, comme s’il s’agissait de muscler durablement son Comité de direction où figureront bientôt Tryphon Tournesol (recruté pour le Secret de la Licorne), Bianca Castafiore (recrutée pour le Sceptre d’Ottokar) ou les Dupont et d (présents dès le Congo).

Recrutez moi quelqu’un qui ait du caractère. Je compte sur vous - nous a rappelé Hergé en nous quittant.

Une première recherche, assez large, nous a fait rencontrer…

Obélix (apparu en 1959, d'emblée associé à Astérix et… Idéfix) : il nous a semblé trop décalé et pour tout dire un rien sommaire, avec ses braies blanches, son obsession des sangliers et de la potion magique…

Jolly Jumper et Rantanplan (associés à Lucky Luke dès 1946) : des animaux, encore, quand Tintin a déjà Milou pour compagnon fidèle…

le Marsupilami, créé en 1952 par Franquin pour l’associer à Spirou et Fantasio : comment dire ?... candidat hors norme ?... Voilà, disons-le ainsi : hors norme…

… et puis un soir, un peu par hasard, nous avons rencontré un candidat, un homme assez incroyable, manifestement alcoolisé, ancien capitaine de transatlantique, du sister-ship du Titanic et du Britannic, l’Olympic (même bateaux, mêmes caractéristiques, mêmes tonnages et même luxe), qui avait essayé en vain de secourir les passagers du Titanic en 1912, arrivant trop tard sur les lieux pour les sauver mais assez tôt pour en découvrir des centaines, noyés, à moitié congelés, dérivant sur l’océan. Cet épisode douloureux avait contribué à briser sa carrière et l’avait précipité du jour au lendemain dans le whisky, la misère et l’effroi. Il s’agit ici du (vrai) capitaine Haddock, citoyen britannique mais qui a renoncé à sa nationalité, s’inventant même un improbable ancêtre français, qu’accompagnent un langage fleuri (dont on dira, sans doute à tort, qu’il aurait été inspiré par les écrits les plus funestes de Céline), des blessures, une épaisseur et un pouvoir comique qui d’emblée nous ont plu. 

Pourquoi, sur la base de cette impression, avons-nous présenté cet Haddock-là à Hergé, qu’est-ce qui nous a pris ? Pourquoi Hergé l’a-t-il à son tour retenu ? Comment Haddock, ce candidat décalé, que nous avons tous découvert dans un très sale état dans le Crabe aux pinces d’or, alcoolique, manipulé par ses marins, est-il devenu Archibald Haddock, le personnage le plus attachant et le plus comique des aventures de Tintin ? Quel est, au fond, le secret des recrutements réussis ?

Pour répondre à ces questions, il faut songer à ce que nous ne cessons d’écrire au long de ces billets : en synthèse, et pour parodier Sartre, nous pensons que l’existence précède l’essence. Peu importe le passé du capitaine Haddock, ce qu’il était quand nous l’avons rencontré, ses échecs, sa déveine, son état ; peu importe ce qu’il était quand il est apparu dans le Crabe aux pinces d’or, enfermé dans sa cabine et prisonnier de sa bouteille de whisky. Haddock va devenir ce qu’il est grâce à Tintin, son écoute, sa bienveillance, son goût du mouvement. Il va devenir ce qu’il est grâce aux inventions de Tournesol (et à l’argent qu’il en tirera pour acheter le château de Moulinsart), à Nestor, à Milou, à la Castafiore... Il va devenir ce qu'il est grâce à Hergé, à son génie, à la vie qu’il lui prête et aux millions de lecteurs qui vont craquer sur lui jusqu’à en faire le plus attachant compagnon de Tintin, une sorte de revers ronchon, colérique, pleutre, défaillant mais incroyablement vivant… Et c'est l'honneur de notre métier de savoir reconnaître ces candidats parmi des centaines d'autres et dès lors de leur proposer des postes à leur (dé)mesure...

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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Le H de la semaine #4

 

 

L’anecdote est connue, en tous les cas des amateurs d’Henry James et de quelques autres, elle a été rapportée à de nombreuses reprises, elle est merveilleuse. Il faut imaginer le décor, nous sommes à la fin d’une après-midi d’automne, au 19ème siècle, dans les environs de Boston, une jeune fille qui chantonne pousse sur une balançoire qui grince un jeune garçon qui est son frère, il remarque : « Je crois qu’on peut appeler ça du plaisir dans les difficultés ».

La jeune fille est Alice James, son frère Henry. Ils sont issus d’une famille américaine d’intellectuels fortunés, Henry deviendra un des plus grands écrivains britanniques et William, son frère, un des plus grands philosophes américains.

Du plaisir dans les difficultés note le jeune Henry… 

Du plaisir ? Un entretien de recrutement, ou professionnel, avec un d’entre nous, consultants d’Hudson, doit toujours être un moment de plaisir, sinon de joie (rappelons-nous Spinoza).

Dans les difficultés ? On pourrait écrire une histoire des entretiens de recrutement par pays, régions, métiers, profils, tranches d’âge. A moins de 30 ans, en dépit du chômage, de la précarité, des stages qui s'enchaînent parfois, la vie est encore devant soi. Bien sûr, on a déjà accompli des choix, mené des études, pris des décisions, ils nous ont entraînés dans des directions, un certain type de métier, d’entreprise, de carrière, sans doute s’est-on alors fermé des portes, mais quelque chose en nous bouge, un appétit, une volonté, les deux indomptables, qui nous disent que tout est (encore) (toujours) possible, que rien n’est (encore) (jamais) perdu. Passés quarante-cinq, cinquante ans, c’est une autre musique, plus mélancolique, qui joue en sourdine, où ? On ne distingue pas l’orchestre, seule sa musique est perceptible. On a accumulé une expérience significative, qui s’étale sur les deux pages du CV que le consultant détaille, on a fondé un foyer, gravi les échelons de son entreprise mais a-t-on l’impression d’avoir fait les bons choix, vécu comme on l’entendait, accompli nos rêves de jeunesse, réalisé ce à quoi on se croyait destinés ? 

Chez Hudson, nos coachs ont souvent, discrètement posés sur une étagère ou une table basse à portée, des mouchoirs qui servent plus souvent qu’on ne croit (ils sont alors tendus avec tact, quasi distraitement, un peu comme si on les trouvait là par hasard) car en outplacement, en coaching, en 360, ce genre d’émotions remontent, sur le thème Qu’ai-je fait – ou n’ai-je pas fait – de ma vie ?, Qu’ai-je loupé ?, ce genre d’émotions remontent, irrépressibles, et les larmes qui vont avec.

Une des plus belles nouvelles d’Henry James est incontestablement La Bête dans la jungle. Elle raconte la vie, ou la non vie, d’un homme, John Marcher, qu’épouvante le songe, vague mais précis, qu’un événement tragique va surgir et anéantir son existence. « Une chose imprévisible l’attendait cachée dans les plis et les replis des mois et des années, telle une bête fauve tapie dans la jungle ». Au risque d’être broyé, John Marcher attend cette chose aussi improbable que certaine, terrible évidemment, qui occupe en entier le cours de ses jours et la trame de ses nuits ; sa venue le fera passer d’une non vie, une vie suspendue, hors les murs, à une vraie vie, aussi « effroyable » fut-elle. Une femme, Mary Bartram, est la seule à partager ce lourd secret qui est d’autant plus épuisant que rien n’advient, « les années passent et le coup ne s’abat pas » ; entre-temps il sollicite toute l’attention de Marcher, toute son énergie, toutes ses pensées. La vie de John et de Mary se consumera ainsi jusqu’à la mort de Mary. Venu se recueillir sur sa tombe, John Marcher croisera alors, s’occupant d’une tombe voisine, le regard d’un homme en proie au deuil récent de sa compagne. Cet incident aura valeur de révélation, il sera foudroyé par l’idée (c'est la Bête qui est survenue) qu’on peut qualifier de Trop tard. « Il avait vu en dehors de sa vie, et il ne l’avait pas appris de l’intérieur, la façon dont une femme était pleurée quand elle avait été aimée pour elle-même ; telle était la force de sa conviction sur la signification du visage de l’inconnu. Cette conscience ne lui était point venue sur les ailes de l’expérience ; elle l’avait frôlé, bousculé, renversé avec la désinvolture du hasard. Mais maintenant que l’illumination avait commencé, elle brillait jusqu’au zénith, et ce que Marcher put bientôt scruter, ce fut le vide de sa vie. » C’est en quelque sorte en se préparant à cet événement « fantastique » qu’il n’est rien arrivé à John Marcher : au lieu d’aimer Mary comme elle l’aimait, au lieu de vivre avec elle et dès lors d’être heureux ou malheureux avec elle, il l’a ralliée au combat improbable d’une rencontre hypothétique alors que Marie était  – et lui aussi… 

Comme l’écrit Daniel Cohen, « avec le divorce, la perte d’emploi est l’autre facteur de souffrance constamment avivée par le monde moderne ». Chacun de nous croit, au fond de lui, pouvoir parvenir au bonheur par le travail et par l’amour : ce n’est pas toujours le cas, tout un jeu de forces contraires nous en empêchent, les erreurs, d’autres désirs, nos failles, hésitations et faillites individuelles, des obstacles que rien n'annonçait et qui nous font trébucher. C’est pourtant en avançant, en se trompanten vivant au contraire de John Marcher, en existant au sens sartrien du terme, qu’on s’approchera au plus de la vérité et du bonheur - dans le plaisir et les difficultés.

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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Hudson membre du Jury du Prix du Meilleur Mémoire de l'AFTE

 

L’AFTE, Association Française des Trésoriers d’entreprise, est une association qui fédère des professionnels de la gestion de trésorerie, du financement et de la gestion des risques financiers.

L’AFTE, dont c’est le 40ème anniversaire en 2016, organise comme chaque année « Les journées de l'AFTE », l'événement incontournable des trésoriers et financiers d'entreprise.

Durant deux journées, les 15 et 16 novembre prochains, des experts évoqueront les sujets majeurs qui s'inscrivent dans l'actualité des trésoriers d'entreprise.

Pour clôturer la  1ère journée, orientée sur le thème de la géopolitique et des défis sociétaux, le 10ème Prix du meilleur mémoire de finance 2016 sera remis par un jury officiel dont HUDSON est fier de faire partie aux côtés de l'AGEFI, REDBRIDGE, SOCIETE GENERALE et UTSIT.

Les mémoires, thèses et travaux de recherche qui concourent sont rédigés exclusivement par des étudiants. Le Prix du Meilleur Mémoire sera décerné, après délibération du Jury, en fonction du thème choisi, de la réflexion et de la qualité du travail de recherche effectué.

HUDSON, en tant que cabinet de conseil en recrutement et gestion des talents, représenté par Jean-Marie Cousty, membre de l'AFTE et spécialiste du recrutement des Trésoriers, est particulièrement honoré de faire partie de ce Jury.

Apporter notre expertise à cette nouvelle génération de professionnels de la Trésorerie d’entreprise, les accompagner dans leur réflexion et leur recherche est une réelle chance.

Chez HUDSON, notre directive sur la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) repose notamment sur le mécénat de compétences ; rejoindre le Jury de ce prix nous semblait être une évidence. 

 
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Le H de la semaine #3

 

 

Un entretien de recrutement est un moment de vie. Avant lui, la vie des candidats avançait ; elle avancera après. Celle des chasseurs aussi, et, plus mystérieuse, souvent celée durant tout l’entretien, celle des clients qui leur confient des mandats.

Chaque entretien est donc un dévoilement, de chacun à l’autre, qui n’est jamais tout à fait le même ni tout à fait un autre en fonction des circonstances, du lieu, du moment ou du poste à pourvoir. Un principe demeure, intangible : chaque candidat, à défaut de se présenter comme le meilleur lors de l’entretien, doit faire comprendre au recruteur qu’il n’est pas loin de l’être par son parcours, ses dispositions naturelles, ses compétences ou ses motivations. Il doit donc pour ce faire s’affranchir de l’intimidation des vertus judéo-chrétiennes aux termes desquelles, depuis deux mille ans, la charité, la magnanimité, la prudence enseignées ne doivent pas mener à la réussite matérielle ni à l’intérêt - entendu ici comme le désir éminemment pratique d’améliorer son sort par ses mérites et la manière, rationnelle mais déterminée, de les vendre.

Souvent, les clients nous demandent si les candidats que nous rencontrons, rendus à la nécessité d’assurer leur promotion, ne nous mentent pas ou, ce qui serait pire, ne se mentent pas. Entendons-nous : toutes les vérités sont-elles bonnes à dire ? Chacun connait le mot de Spinoza dans l’Ethique : Veritas norma sui et falsi, la vérité est norme d’elle-même et du faux.

Qu’est-ce que la vérité ? Pas plus que Spinoza nous n’avons le pouvoir de répondre à cette question, plus ancienne que la philosophie, que la science modifie mais à peine. Les chasseurs doivent expliquer comment un candidat est devenu ce qu’il est, pas forcément pourquoi – trop de zones restent obscures, de hasards présents. Chaque parcours est ainsi fait de vérités successives dont la cohérence peut apparaître durant ou à l’issue de l’entretien, en quelque sorte après coup. Rares sont donc les candidats qui mentent, encore moins délibérément ; les bénéfices en sont nuls, les inconvénients certains. Pour être francs, il nous semble qu’à rebours de ce qu’on pense, et à bien peu d’exceptions près, il faut rassurer les candidats, à la fois sur ce qu’ils ont fait et sur ce qu’ils veulent faire, sur la véritable nature de leurs désirs et des choix qui s’offrent à eux.

Passer un entretien n’est pas chose aisée car savoir exactement ce que l’on veut est une entreprise difficile. Si je me rends à un entretien de recrutement, c’est que je ne suis pas bien où je suis. Je ne l’exprimerai pas de la sorte mais les faits sont là, têtus. Je cherche autre chose, où je m’épanouisse davantage, qui me permette de développer mes qualités (mon intelligence, mon imagination, mon goût de l’effort ou de la coopération, mon efficacité…), où je gagne plus.

Mais chez qui ? Avec qui ? Pour faire quoi ?

Les réponses que les consultants en Talent Management et en Talent Acquisition d’Hudson apportent aux candidats qu’ils rencontrent ne sont pas métaphysiques. Il est inutile de s’enfermer, avec eux, dans un raisonnement trop méthodique ou de verser dans l’introspection : à nos yeux, l’action (le fait de s’y jeter) importe plus que tout. C’est ce qu’indiquait Descartes, qui opposait le monde de l’action (concret) aux vérités métaphysiques (abstraites). Dans l’action, nul ne peut être absolument certain de la validité de son choix, ni des conséquences de ce dernier. Telle entreprise sera-t-elle mieux que telle autre ? Ce poste-ci plus épanouissant que ce poste-là ? Comment le savoir ? Il faut se jeter dans l'action en dépit du doute, parfois dans le doute. Les vies "professionnelles", à l’instar de nos vies "personnelles", sont ce que nous en faisons – chacun peut se tromper (puis se reprendre), échouer (puis rebondir), gagner (puis perdre, puis regagner).

L’entretien de recrutement n’a dès lors qu’un objectif : faciliter la rencontre entre un candidat et un client, entre un être et un secteur ou un métier, entre une espérance et une volonté. Notre mission, devenue notre passion ? Donner aux candidats – et aux clients – l’occasion de se rencontrer et leur offrir le plus grand nombre d’outils pour étayer leur choix. Après, c’est ce qui fait la beauté de tous les choix et de toutes les rencontres : incertains, imprévisibles, ils ouvrent (presque) tous les possibles…

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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Le H de la semaine #2

 

 

Nous n'avons aucun mal à imaginer la scène : en face de nous, de l'autre côté de la table, sans qu'il ait accepté ni refusé café ou verre d'eau en arrivant, de sorte que nous lui en avons proposé un de chaque par prudence, prudence inutile puisqu'il ne touchera ni à l'un ni à l'autre, a pris place un dénommé... Marcel Proust.

Comme cela nous arrive parfois, par manque de temps ou distraction, nous avons lu son CV en diagonale une petite heure avant l'entretien : sans poste précis à lui offrir chez Hudson, à la suite d’une candidature spontanée vaguement recommandée par un de nos coachs, l'entretien calé en cette fin d'après-midi d'automne ensoleillée nous était apparu sans enjeu. Sans enjeu ? Voire. Trainait dans notre esprit ce qui nous avait été rapporté, allez savoir par qui, quand, pourquoi, cette prophétie qu'il s'agissait là du plus grand écrivain français  - sinon mondial - du XXème siècle. Bigre. 

Mais resituons le décor : nous sommes en 1907. Ni vous ni nous ne connaissons alors Marcel Proust, ni ne savons rien de cette promotion à venir, de cette gloire immense qui sera la sienne à Paris, au Japon ou à New York, à travers la planète entière et aujourd'hui encore - seul lui sait.

Qui est Marcel Proust en 1907 ? Observons-le dans ce manteau qu'il n'a pas quitté, qui recouvre d'autres vêtements (tricots, gilets...) et dont nous peinons à dénombrer les couches : de grands yeux de laque, un teint de cire tirant vers le jaune et comme mangé par la nuit, des manières suaves pour ne pas dire obséquieuses, une voix de miel aux intonations flûtées, en tout un physique fluet, maladif et flexible sous des allures de dandy débraillé. Il nous a tendu, horreur, une main molle et pendante dont on nous rapportera, plus tard, que s'il l'avait rendue virile on l'aurait pris, selon ses propos mêmes, pour "un inverti"... Plus tard encore, Jean Cocteau le décrira tel "une lampe allumée en plein jour... une sonnerie de téléphone dans une maison vide...". Si le recruteur ne prend note d'aucun détail physique de ceux qu'il rencontre, ni ne s'en émeut par conséquent, il peut parfois être un peu… déstabilisé...  

La lecture du CV de Marcel Proust n'est pas renversante : des études - plutôt réussies mais menées sans nerf - de lettres et de sciences politiques, un recueil de nouvelles qui a reçu un accueil si désobligeant qu’il lui a valu un duel au pistolet (dont bien heureusement il est ressorti indemne), des chroniques mondaines au Figaro signées sous des pseudonymes hermaphrodites alambiqués (Dominique, Horatio, Echo, Laurence ou D), un certain don pour le pastiche - adjoint à son CV un de Flaubert, brillant. Bref, rien qui ne lève l'enthousiasme, une sorte de talent de velléitaire.

L’entretien, comme dépourvu de substance, haché de quintes de toux, est truffé d’anecdotes vaines de diners en ville, de bals et de fêtes formant un tissu subtil et moiré de propos rapportés, d’amour des salons et des princesses tournant en boucle dans un fatras généalogique de particules, de hiérarchies à ce point nuancées dans l’échelle des goûts et des sentiments que l’on perd vite pied.

L’entretien s’achève de la sorte dans une sorte de gêne mutuelle sans que la prophétie que nous avions en tête, venue d’on ne sait où, cette idée folle d’avoir à faire au plus grand écrivain de tous les temps, ait pu être à un seul instant validée.

Quelle erreur ! Dès qu’il nous aura quittés, Marcel Proust, le même que nous vous avons décrit, va renoncer à la vie, cette vie mondaine et frivole qu’il nous a rapportée en entretien et s’atteler, reclus pendant 15 ans dans une chambre aux murs couverts de liège, à la rédaction (ou à l’édification !) de la Recherche, chef d’œuvre littéraire absolu du 20ème siècle pour des millions de lecteurs...

Qu’est-ce à dire ? Cet entretien est riche d’enseignements. Détaillons-en quelques-uns :

1/ nous ne sommes pas les seuls à nous être trompés (un amour de Swann a été refusé par tous les éditeurs de la place dont Gide),

2/ le meilleur DRH de Marcel Proust a été sa mère - qui lui a donné une force prodigieuse (détail qui bien évidemment nous échappa),

3/ le "moi social" (celui qui dîne en ville, celui qu’on voit en entretien) n’a rien à voir avec le "moi profond" (celui qui travaille, celui qui conçoit et édifie la Recherche),

surtout 4/ on ne peut rien créer, ni œuvre d’art, ni réussite professionnelle sans expérience accumulée (le matériau de Proust fut sa vie mondaine), ni travail (considérez les manuscrits sans cesse raturés de la Recherche, des Essais de Montaigne, de Flaubert ou Stendhal, les ébauches, copies et dessins de Michel-Ange ou Picasso…) – un peu comme si tous nous pouvions tout accomplir toujours mais au seul prix d’un travail immense, en art comme en droit, finance ou marketing – un travail et une volonté tels que Marcel Proust les eût.

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
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