Suivre
Site Search
fr en
 
 
InTALENTgenceBlog
 

H de la semaine 57

 

#Hdelasemaine par Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

On n’a pas vu le temps passer, et il est déjà Noël. Chaque année, c’est la même chose : on se laisse déborder. Décembre ressemble à un sprint dans un boyau noir et glacé. Les guirlandes accrochées dans les ciels des villes ne trompent plus l’ennemi ; le Père Noël de moins en moins les enfants. Privés de lumière, nous courons vers la fin du mois. Avantage : elle tombe le 24. Ce n’est pas un 100 mètres, c’est un 80. Après, on est toujours surpris de se retrouver la veille de Noël à faire ses courses dans des magasins qui ferment à 17 heures. Il n’y a personne dans les allées : joie, il n’y a plus rien dans les rayons : malaise. Avez-vous noté qu’il y a toujours un cadeau qui manque pour un membre de la famille dont on ignore les goûts : est-ce qu’on offre encore des coffrets de CD de Johnny à l’heure de Spotify ou de Deezer ? Et des livres de d’Ormesson sous le règne de Netflix et de Youtube ? L’acheteur de dernière minute est un chasseur solitaire, malhabile et souvent malheureux.

Faire des cadeaux n’a jamais été tâche aisée : comme en recrutement, il y a des spécialistes. Tout est affaire de préparation minutieuse (le CV) et de qualité d’exécution (l’entretien) : on n’en sort pas. Les spécialistes s’y prennent ainsi longtemps à l’avance. Dès novembre ils ont aménagé un coin de l’appartement où sont entreposés les cadeaux. Des miradors ont été installés, la sécurité renforcée par la paire de bergers allemands adoptés pour l’occasion : rien n’est laissé au hasard. En général ils ont lu les meilleurs ouvrages sur Alcatraz et Fort Knox. Leur secret ? Les listes qu’ils annotent au jour le jour, la console pour le neveu, les gants pour la grand-mère et comment s’appelle déjà ce magasin spécialisé dans les livres rares ? Les cadeaux sont sous embargo dès la mi-novembre. On ignore si, le soir de Noël, ils ressentent de la joie ou du soulagement en les déposant sous le sapin : peut-être les deux.

En même temps, c’est merveilleux d’avoir de tels spécialistes dans sa famille. Leur but ? Vous faire plaisir. Trouver le cadeau que vous attendiez (ça fait plaisir), voire celui que vous n’osiez attendre (ça fait très plaisir).

Mais le plaisir n’est pas que sous le sapin : il doit être partout, en vous et autour de vous, à l’occasion de ces fêtes. Tous les collaborateurs d’Hudson France se joignent à moi pour vous souhaiter de très belles fêtes de fin d'année.

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
0 commentaires
 
 
 

H de la semaine 56

 

#Hdelasemaine par Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

Au début, on n’y fait pas attention. On n’y prend même pas garde. Et puis, au bout d’un moment, on le repère : il est là, tapi dans l’échange, s’invitant toutes les 30 secondes, montrant le bout de son nez à la fin de chaque phrase ou de paragraphe, tel une marmotte sortant de son terrier à la fin de l’hiver et ne le regagnant plus avec le réveil du printemps. « Il », c’est le tic de langage, qui est béquille parfois, encombrement souvent, boursouflure ou superflu c’est selon.

Récapitulons. « En fait », qui est si fréquent, n’est pas très beau de manière isolée : répété vingt fois, il devient hideux. « Effectivement », qui est son frère jumeau, ne vaut pas mieux : c’est un dos d’âne qui casse la phrase. « Voilà », qui est navrant, l’est davantage encore quand on lui associe « quoi » : fait-on pire, en guise de conclusion ou de paraphe, que « voilà quoi » ? Ah oui, il y a aussi « point barre » : il nous semble passé de mode cela dit. Et que dire d’« absolument » : ne peut-on pas dire simplement « oui », qui a valeur d’affirmation ? Ne pas oublier le « C’est clair » - qui en général ne nous éclaire guère, le « Vous voyez » - qui, au terme d’une explication confuse, ne nous rend pas la vue et le « C’est vrai que » - qui cache d'ordinaire des zones de f(i)lou…

On ne sait plus parler français sans le parsemer de mots, d’expressions ou d’adverbes qui ne lui apportent rien, hormis du vide. On perd, à l’oral, le sens de la conversation, de la précision, du sens. On zigzague dans les échanges autour de ces mots-plots : on finit par s’y heurter. C’est un piège qui en dit souvent long sur les candidats que nous rencontrons, sur leur perméabilité aux modes, sur leur stabilité émotionnelle, sur leur sens de la précision ou leur caractère consciencieux.

Bien entendu, tous les tics n’ont pas la même valeur : certains sont ceux d’une époque, les « entre guillemets » (qu’on appuie d’un mime en crochetant dans l’air l’index et le majeur de chaque main), le « c’est juste trop beau » (doit-on systématiquement pouffer en hurlant « Waoaw » après ?) ou le « non, je déconne » (qu’on évitera svp en entretien). D’autres en disent davantage sur les candidats : « en vrai », qu’on entend chez beaucoup de jeunes (son contraire étant « en faux ») fait écho au « c’est vrai que » des plus anciens qui, répété plusieurs fois, peut conduire les chasseurs à s’interroger sur la sincérité d’un candidat...

Bref, un conseil : en entretien, surveillez vos tics, ils peuvent faire tiquer les chasseurs !

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

 
0 commentaires
 
 
 

H de la semaine 52

 

#Hdelasemaine par Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

Nos marchés évoluent à la vitesse de la lumière. L'ubérisation, si on se risque à utiliser ce néologisme déjà dépassé, a gagné par pans entiers l'économie. Aucun secteur n'est épargné. « Ils ne meurent pas tous mais tous sont frappés ». C'est un raz de marée, mieux : des raz de marée. Permanents, continus. Le digital est partout, le big data, l’AI. Les smartphones sont devenus nos indispensables compagnons de vie - ils sont consultés plus de 200 fois par jour, remplaçant les livres, les journaux, les cartes bancaires, les télés, le shopping, les amis... Comment tout ça va-t-il finir ? Nous voulons répondre « Bien ». « Bien » parce que même quand l'espèce Sapiens a été réduite à quelques milliers d'individus (quand ? Il y a 100.000 ans Où ? En Afrique tropicale Pourquoi ? Sécheresse extrême), elle a su s'adapter, se réinventer, rebondir (la preuve en chiffres : nous sommes 7.1 milliards sur terre, contre 1 milliard en 1800 pour... 10 milliards en 2050...).

Recruteurs, nous avons longtemps exercé nos métiers à l'aveugle. Les clients étaient invisibles, les candidats tout autant. Nous sollicitions les uns et les autres via des annuaires de Grandes Ecoles, des bottins téléphoniques ou par voie de presse : toute puissante, elle faisait et défaisait les Rois (observez-la aujourd'hui : privée de recettes publicitaires et de lecteurs « papier », elle est propriété de milliardaires). Nous appelions les candidats sur des lignes fixes, à leur domicile, en priant pour qu'ils aient un répondeur. Nous leur laissions des messages. Ils nous rappelaient à pas d'heure, hésitants, circonspects. Pour les rencontrer, c'était tout un foin : ils n'avaient que 5 semaines de Congés Payés, des horaires stricts et à rallonge, pas forcément envie de bouger (on connaissait en moyenne 3 entreprises dans sa vie). Ils nous proposaient de les voir la nuit, le weekend. Il fallait faire preuve de fermeté pour leur expliquer que non, qu'alors là pas question, qu'ok vendredi 19:30. Côté clients, il y avait aussi à faire : ils étaient protégés par des standardistes aussi amènes que des dogues à la frontière est-allemande durant l’après guerre, des assistantes vigilantes dont la fermeté polie déjouait nos appels. Tous, candidats et clients, étaient imperméables à Internet (rappel chronologique : le World Wide Web nait en 1990, il y avait un million d'ordinateurs connectés dans le monde en 1992, 36 millions en 1996, 368 millions en 2000 – pour 5 milliards de smartphones en 2019…). Vous avez l'impression que nous décrivons un monde englouti, entre Stefan Zweig et Claude Sautet ? Peut-être : nous vous parlons des années 90...

« Il faut que tout change pour que rien ne change » disait le Prince Salina dans le Guépard. L'homme change-t-il ? Ses passions ? Ses humeurs ? Ses envies, ses désirs, ses névroses? Et l'inquiétude? Et le besoin d’être aimé ? Et le tourment d'exister ? Nous ne croyons pas. Il essaie maintenant de se substituer à Dieu, privilégiant chaque jour davantage son propre génie aux lois de la Nature, allant vers toujours plus d'immédiateté et d'individualisme à l'heure d'un village devenu planétaire, troquant sans le savoir des servitudes pour d’autres...

En 1620, Francis Bacon écrivait dans Novum Organum que « savoir, c'est pouvoir » : c'était le début de la Révolution scientifique. « Savoir, c'est pouvoir » est encore actuel – et plus vrai que jamais. Pour nous différencier sur des marchés soumis à des accélérations fulgurantes, préoccupés par la prédictivité, le Big Data, le plus souvent marqués par l’absence de l’homme, nous consultants et coachs chez Hudson voulons continuer à apporter une plus-value tangible à nos clients, à nos candidats, à nos partenaires. Nous devons plus et mieux savoir qu’eux, mieux faire qu’eux et que les machines et les outils qu’ils utilisent car les hommes, même réparés ou augmentés, resteront (pour quelque temps encore !) des hommes – et qu’on ne fait rien de mieux que des hommes et des femmes pour aider et conseiller des femmes et des hommes…

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
0 commentaires
 
 
 

H de la semaine 51

 

#Hdelasemaine par Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

Lit-on encore ? Autrefois (allons : ce n’est pas si ancien), caché tout au fond des CV, remisé là sous la rubrique « Hobbies », « Loisirs » ou « Divers » c’est selon, on découvrait de loin en loin ce mot magique : littérature. Cette simple apparition, assez rare si on la compare aux traditionnels « voyages », « sports » ou « cinéma », nous emballait.

Curieux, piqués, impatients, il nous brûlait de poser une question telle que : « Quel livre vous a plu récemment ? ». Sagement, nous attendions pour la formuler d’être parvenus à la fin de l’entretien quand nous nous étions fait une idée, aussi modeste et prudente fût-elle, de la densité d’un parcours et des promesses d’un candidat. Nous ne guettions alors plus de révélations mais pourquoi pas une confirmation, une ouverture, une échappée belle, quelque chose comme la note sucrée qui vient clore - et enchanter - un repas. Car par « plu », on entendait : ému, passionné, emporté... 

Qu’on se le dise : la littérature est dangereuse. Elle dit beaucoup, n’étant pas neutre. Elle peut être plaisir, émotion, divertissement. Elle peut être encore plus et mieux : mystère, élévation, dissidence, appel vers ailleurs - appelez ça comme vous voudrez. Pessoa écrivait : « La littérature est la preuve que la vie ne nous suffit pas. » Non, elle ne nous suffit pas : nous en voulons davantage - et nous avons raison.

La littérature amène ainsi des DAF, férus d’EBIT et de ROCE, à abandonner pour un temps le pays des chiffres pour demander leur asile politique au territoire des lettres. Des marketeuses délaisser les transformations digitales pour nous parler de livres en papier - promis : nous n’inventons rien. Des DRH, passés par la rue d’Ulm, se rappeler leurs passions d’il y a vingt ou trente ans et nous garantir qu’elles sont encore là, vivaces, inassouvies, dévorantes : Aragon, Apollinaire, Nerval !

« Je crois que la littérature est un plaisir et que ce plaisir se situe si haut qu’il nous transforme de fond en comble » écrivait d’Ormesson en préambule à un de ses livres : comment atteindre la vérité par le mensonge en somme. En France, nous avons un Président de la République et un Premier Ministre fous de littérature, expliquant combien les livres les ont « construits » (cf. « Des hommes qui lisent » d’Edouard Philippe) ; des ministres agrégés de lettres ; une ministre de la culture éditrice ; une rentrée littéraire et des Prix à n’en plus finir ; bref le goût des mots, de la langue et du roman.

Alors, lectrices, lecteurs, ne renoncez pas à inscrire ce mot magique « Littérature » au pied de vos CV : nous ne vous le reprocherons pas...

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
0 commentaires
 
 
 

H de la semaine 50

 

#Hdelasemaine par Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

C’est donc ça un 4/5ème ? C’est donc ça un mercredi où on peut faire une grasse matinée, ignorer son smartphone, à peine regarder sa montre, envisager un ciné au milieu de l’après-midi ou courir autour des lacs en écoutant en boucle Belle and Sebastian ? C’est donc aussi bien que ça ? La réponse est : oui, oui, oui

Quelques uns d’entre nous ont découvert en ce 1er novembre les « délices » (jusqu’alors tenus jalousement celés par une minorité de salariés) du mercredi non travaillé : posé tel un dimanche-relais au milieu de la semaine, il propose de manière débonnaire deux vendredi soir (le vrai et le faux du mardi) et deux fois deux jours de travail - deux jours comme deux interludes, deux jours comme deux sprints, deux jours comme deux (si brèves) semaines.

Nous avons parlé de « délices » en référence à un joli petit livre de Nicolas Rey, « Les délices de 36 » paru il y a un an. Nous l’oublions bien vite mais les congés payés ne datent pas de la plus haute antiquité, ni ne sont naturels (songeons à nos amis robots qui jusqu’à preuve du contraire ne rechignent pas à travailler 24 heures sur 24, 365 jours par an) : en France ils sont nés avec le Front Populaire en 1936, et vous me mettrez d’emblée deux semaines, puis trois en 56, poussons à quatre en 69 et allez cinq en 1982.

Après, rien n’a plus été pareil : la société de loisirs s’est installée confortablement, et tout ce que nous connaissons aujourd’hui, où le travail rime tout de même moins avec le mot aliénation (ou alors on choisit de pousser gaillardement mamie dans les chrysanthèmes), a suivi.

John Maynard Keynes était un économiste optimiste (et donc éminemment sympathique) : au plein cœur de la crise de 1929, confiant en l’homme et en son exceptionnelle capacité de rebond, il postulait que celle-ci serait réglée comme avait été réglé un siècle plus tôt le problème alimentaire. Pris dans les rets de son optimisme, jonglant sur les rythmes de croissance industrielle à venir, il avançait même qu’en 2030 (regardez vos calendriers : c’est demain), nous ne travaillerons plus que trois heures par jour pour nous consacrer à l’essentiel. L’essentiel ? Oui, l’essentiel : l’art, la culture et la métaphysique...

En attendant l’avènement (très hypothétique ?) de la société post-matérialiste, au moins aurons-nous pleinement profité de ce mercredi 1er novembre pour nous y abandonner avec « délices »...

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

 
0 commentaires
 
 
 

H de la semaine 49

 

#Hdelasemaine par Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

Il fait si beau en cette fin octobre qu’on a espéré qu’elle n’arriverait jamais. Elle ? Oui, elle : l’heure d’hiver.

On vous doit cet aveu : on s’en passerait bien, de cette fichue heure, même si on nous assure (ça reste à prouver) qu’on dormira dimanche une heure de plus. Déjà, on ne sait pas pourquoi elle revient chaque année : qui l’a sonnée ? Jupiter ? Nicolas Hulot ? Morphée en personne ? On s’y perd. Est-ce qu’elle est plus proche des vrais horaires du soleil, ou au contraire plus éloignée ? EDF économise-t-elle autant que ce qu’on dit ? Accélère-t-elle la chute des feuilles qui encombrent déjà des pans entiers de trottoir sur le boulevard Saint Germain et les quais d’Orsay ? Mystères.

Ce qu’on sait en revanche, c’est qu’à 17 heures il fera désormais nuit. Novembre, mois des Scorpions, du Prix Goncourt et des marrons qu’on mange grillés dans des cornets en papier journal, est un tunnel obscur, rabougri comme un bout de chiffon usagé.. Anémié, à peine le jour se lève-t-il qu’il se recouche déjà. Noël n’en finit pas d’arriver (avez-vous noté que les guirlandes sont accrochées de plus en plus tôt dans le ciel des villes ?) mais sitôt arrivé, chancelant sous les cadeaux, qu’il est déjà reparti - pour un an : il faut bien se remettre...

L’heure d’hiver nous dit surtout qu’on n’est plus en été ; que les vacances, sauf à déserter et appareiller vers les Sud, se dérouleront en col roulé, doudoune et teint de craie ; que les pots en terrasse, la journée achevée, sont exclusivement réservés aux Esquimaux et à leur parentèle ; que les barbecues, bâchés, sont remisés au fond des garages et les stations balnéaires sur les côtes basques et bretonnes tristes comme l’equipe du PSG privée de Neymar.

Alors, peut-être que la seule vertu qu’on trouve à l’heure d’hiver est celle-ci, dont les employeurs se félicitent : travailler devient un refuge, sinon un plaisir. Après tout, ce n’est déjà pas si mal !

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

 
0 commentaires
 
 
 

H de la semaine 43

 

#Hdelasemaine par Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

On a connu promesses mieux tenues : à peine avions nous écrit que nous ne citerions pas Steve Jobs dans ce H que nous nous dépêchons de le faire. Bien entendu, nous nous trouvons des excuses, au premier rang d’entre elles celle-ci, qui est imparable, de ne pas publier une citation de Steve Jobs mais une citation sur Steve Jobs, ce qui donne à notre mensonge un relief atténué, disons celui d’une simple bosse sur le parcours du Tour de France (versus un col hors catégorie tel que le Galibier…).

Cette citation (sur Steve Jobs), la voici : « Ne comprenez-vous pas que Steve ne connait rien à la technologie ? C’est juste un formidable vendeur… Il n’a aucune connaissance en ingénierie, et ce qu’il dit, comme ce qu’il pense, est faux à quatre vingt dix neuf pour cent. » Cet extrait, qui donne la mesure exacte d’une admiration, est de… Bill Gates (ceci pouvant expliquer cela) et figure en incipit d’un roman passionnant de Graham Moore sur les débuts du capitalisme, Les derniers jours de l’émerveillement.

Suivant Bill Gates, dont la pensée amicale vient s’ajouter à ce que nous avons appris à connaître de Steve Jobs, de sa légende et des innombrables zélateurs qu’il a inspirés au fil des années, nous vous encourageons à reprendre quelques unes des pensées du fondateur d’Apple (elles pullulent sur le net) et à y appliquer le pourcentage de véracité que leur accorde le fondateur de Microsoft – soit 1%.

Ça y est ? Impressionnant non ? Lire les fulgurances de Steve Jobs nous renvoie à la culture d’entreprise dont Edgar Morin explique qu’(elle) « est un système qui fait communiquer une expérience existentielle personnelle et un savoir collectif constitué ». Apple est tout à fait exemplaire de ce qui se fait en termes de manifestation visible (ce qui ne signifie pas réelle) de l’identité d’une entreprise – et l’immense talent de Steve Jobs a été de l’incarner, de la marketer et de la vendre, la prolongeant notamment au travers de ses produits et des messages qu’ils sont censés inspirer à leurs usagers (indépendance, liberté, prise de risques, innovation, courage, sens de la communauté…).

Quatre grands piliers structurent en général la culture d’entreprise : l’appartenance (portée par des rites et des codes partagés), la vision du monde (qui s’incarne dans des croyances et des valeurs communes), l’histoire (que relaient des héros et des mythes clairement identifiés) et des peurs (des tabous). La compréhension de la culture d’entreprise se révèle essentielle dans les métiers que nous adressons chez Hudson : en recrutement, la comprendre est clé pour attirer et intégrer les meilleurs talents chez nos clients ; en talent management, la définir permet à nos clients une meilleure adaptation à l’environnement externe et une intégration interne plus réussie.

Ah oui : y parvenir peut se faire avec ou sans le recours à Steve Jobs !...

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 

 
0 commentaires
 
 
 

H de la semaine 21

 

 

Auriez vous recruté le Président de la République ?

Vous ne saurez rien, ici, de nos inclinations politiques, ni de l'opinion que nous nous sommes formés et que nous continuons de nous former, au fil des jours, des candidats à l'élection présidentielle. 

Là n’est pas le sujet. 

Ce qui nous a retenu dans ce billet, c'est l'idée même de recruter un Président de la République : imagine-t-on la France nous consulter pour un tel recrutement ? Imagine-t-on la France, telle qu’on la connait en semeuse lignée sur les timbres, riche de ce qu’elle est et confiante en ce qu’elle veut être, venir à nous et nous remettre une job description ? Vous êtes en droit de vous interroger ; nous aussi. Réfléchissons-y ensemble un instant. 

Dans leur immense majorité, les contrats de chasse qui nous sont confiés s'appuient sur une description de fonction claire, pensée, nourrie. Elle est le reflet exact d’un diagnostic partagé, d’une ambition affichée et, pour la porter, de la définition mûrement réfléchie d’un profil de candidat(e) idéal(e). Une telle méthode est-elle envisageable pour la France en 2017 ?

Non, car la France n’est pas une – elle ne l’a jamais été. En vertu de classifications dont la pertinence satisfaisait l’esprit, elle a longtemps été présentée comme double : parisienne et provinciale, royaliste et républicaine, catholique et athée, conservatrice et révolutionnaire, hospitalière et xénophobe, ancienne et moderne, classique et romantique, de gauche et de de droite, privée et publique, en CDI et précaire… 

Mais vous savez quoi ? Elle ne l’est plus ! Les frontières ont explosé, le complexe s’est invité, les lignes se sont brouillées. La droite, après les travaux de René Rémond, est devenue triple (orléaniste, bonapartiste et légitimiste) ; la gauche, après ceux de Jacques Julliard, quadruple (libérale, jacobine, collectiviste et libertaire) ; l’espace religieux a intégré d’autres religions… ; la province : les villes, les villages, les centres commerciaux… la campagne… ; la France : l’Europe… le monde… ; les citoyens (agissant) ont laissé leur place aux individus (jouissant) ; le travail à de nouvelles formes ; le temps à l’urgence ; l’espace public à la com’…

De sorte qu’il est parfaitement vain d’imaginer une France, seule, rassemblée, indivisible nous confier le recrutement de son Président en vertu d’un contrat clair et explicite.

La vérité est plus que jamais la suivante, dont les primaires à gauche et à droite ont validé l’ambiguë réalité : ce sont les candidats, en fonction de leur programme et de leur personnalité, qui recrutent leur propre France qu’ils essaieront, ensuite, d’élargir et de fédérer. A leur service, de nouveaux modes de communication : les tweets, les vidéos, les réseaux sociaux. Derrière eux : un monde ancien. Devant eux : un monde nouveau.

Mais après tout, n’est-ce pas aussi l’air du temps : des candidats qui recrutent de plus en plus leur propre entreprise ?…

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
0 commentaires
 
 
 

H de la semaine 18

 

 

Vous seriez-vous recruté ? #3

Dans les Testaments trahis, Milan Kundera rapporte que durant la rédaction de Don Quichotte, Cervantès « ne s’est pas gêné, chemin faisant, pour infléchir le caractère de son héros ». Il explique ainsi que si Diderot, Sterne ou ce même Cervantès nous envoûtent encore, c’est bien parce qu’ils improvisaient. Ils ne sentaient pas prisonniers d’un cadre, d’une histoire ou d’un scénario. Il en allait ainsi dans les grands textes classiques tels l’Iliade, l’odyssée ou les Mille et une nuits. Après eux, quelque chose s’est perdu : cette légèreté, cette insouciance. L’art de la composition est devenu complexe et rigoureux. Il suffit, nous indique toujours Milan Kundera, de feuilleter en Pléiade les notes de Dostoïevski sur (par exemple) les Démons : 7 cahiers de notes de 400 pages pour un roman qui en fait 750…

Nous songions à ce passage de Kundera au moment d’aborder le 3ème volet de notre série « Vous seriez-vous recruté ? » consacré au… CV ! Et oui, le Curriculum Vitae, ce fameux « déroulement de vie », qui constitue la matière première de tous les recruteurs ! Peut-il être improvisé ? Pensé « out of the box » ? Peut-on, à l’instar de Cervantès, chemin faisant, en infléchir le cours et y introduire d’autres notes sur qui nous sommes et sur ce que nous avons fait ?

C’est amusant : le CV s’appelle toujours le CV. C’est un morceau du passé (le latin ajoute à son âge, qui lui donne un côté avant Jésus Christ ou Guerre des Gaules), qu’on lit au présent et qui est censé préparer l’avenir. Ici et là, on le dit pourtant condamné. Par quoi ? Par l’air du temps, le digital, les réseaux sociaux (« consultez mon profil sur L*** » nous disent des candidats chassés…), les outils prédictifs, la cooptation…

N’allons pas trop vite en besogne : le CV, quoiqu’on en dise, a encore de beaux jours devant lui. Il a déjà largement évolué au fil des ans, effaçant les dates (de naissance), les adresses (de résidence), les numéros de téléphone (parfois), les photographies (souvent) ou les loisirs. Se réduit-il, pour les recruteurs et à leur grand dam, à une somme d’indices, un jeu de pistes, une chambre d’échos ? Pas tout à fait ! Parce qu’à mesure que certains indices s’effacent, un peu comme dans Memento (Souviens-toi… en latin !) de Christopher Nolan, d’autres apparaissent : essentiellement chiffrés, ils donnent aux parcours des jalons mesurables, systématiquement traçables – et systématiquement tracés...

Car on a beau se projeter sur de nouveaux modes de management (à distance, internationaux, pluri-générationnel, responsabilisant, en équipe…), appeler à briser les codes (dans un monde complexe et changeant), afficher qu’il ne faut plus recruter des clones (plus de « plug and play » ou de bataillons de têtes bien faites mais des talents en rupture, créatifs, agiles), la réalité résiste. Une réalité différente mais qui dit, au fond, la même chose – en pire ?

Les données quantitatives ont désormais envahi les CV : les dates de naissance disparaissent ? Les types psychologiques MBTI, Golden ou Process com les remplacent. Les adresses ne figurent plus ? Les résultats de nos actions, dûment quantifiées (hausse du CA, progression de l’EBIT, baisse des CAPEX, notes au TOEIC…) s’y substituent. Ainsi, vaille que vaille et loin des libertés du récit de Cervantès, les CV racontent notre entrée dans un monde neuf et surprenant, saturé de megadonnées et de chiffres qui raisonnent, pour ainsi dire par eux-mêmes, à coups d’algorithmes et de statistiques. Bientôt, si nous n’y prenons garde, ils régiront nos pensées, nos actions et nos parcours de femmes et d’hommes numériques.

Après le CV, les chiffres. Après la qualité, la quantité. Après l’homme, quel homme ?... 

(à suivre…)

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
0 commentaires
 
 
 

H de la semaine 17

 

 

Auriez-vous recruté Roger Federer ?

La question ne se pose pas. C’est indécent de la poser. C'est une hérésie. La réponse est OUI, 18 fois OUI, 18 comme le nombre de Grands Chelems qu’a remportés Roger Federer au cours de sa carrière. Le dernier, tout le monde le sait, date de ce week-end : nous sommes à Melbourne, Rodge a 35 ans, un âge où on ne gagne plus au tennis des matchs en 5 sets, a fortiori des tournois du Grand Chelem, un âge où on considère (encore) le Maître comme un chef d'œuvre mais en péril, cuit pour le tennis et les grandes victoires : eh bien non ! Rodge est là, toujours là, mieux que là : à jamais là, en un mot éternel.

Comment jamais se lasser de regarder jouer un tel joueur ? Nous sommes quelques uns - des millions en réalité… - capables de regarder en boucle ses plus beaux matchs, à nous lever à pas d’heure pour le voir disputer un premier tour dans un tournoi ATP 500 à l’autre bout de la terre, à collecter tous les articles le concernant. Au génie absolu qui marque chacun de ses gestes, d’une pureté, d’une fluidité et d'une grâce inégalées, s’ajoutaient pourtant  depuis quelques années une fragilité, des blessures, un doute sur sa capacité à résister aux nouveaux maîtres du tennis, les Djoko, les Murray, les Wawrinka. Aussi improbable cette réalité fut-elle, nous aussi nous étions laissés contaminer par l’idée que Roger était devenu mortel, sinon ordinaire au moins « battable ». Gagné par l’âge, les douleurs qui vont avec et une moindre vitesse, il gagnait moins, se blessait plus ; son compteur en GC restait bloqué à 17, le dernier datant de… 2012 à Wimbledon. Personne ne l'imaginait en gagner davantage - certains s'en réjouissaient même.

Car il nous arrive de lire, sur les forums de l’Equipe.fr, les échanges entre les pro Nadal (tiens, un revenant lui aussi) et les pro-Federer :  le plus souvent, ils sont d’une violence inouïe à l’instar de ceux qui prévalent aux échanges entre les pro Messi et les pro Ronaldo. Nous ne comprenons pas cette violence. Chacun (Rafa et Rodge) incarne des écoles différentes, les deux dignes d'éloges ; Nadal est du coté de la terre, Federer de l'air, Nadal incarne le muscle et la transpiration, Federer la légèreté et l’inspiration. Nadal est un magnifique artisan, qui fait comme toujours, doté d'un talent et d’une puissance incroyables; Federer est un pur génie, qui fait comme jamais, inventant de nouveaux coups, de nouveaux codes - un nouveau tennis, un tennis de rêve (qui n’exclut pas le travail et même, le plus souvent, un travail acharné)..

Nombreux sont ceux qui ont essayé, à force d'observation, de décrypter le mystère des coups de Roger Federer. David Foster Wallace (qui fut un des plus grands écrivains américains du 21ème siècle) est tombé amoureux de Federer devant sa télé au début du quatrième set de la finale de l’US Open 2005 qui l'opposait à André Agassi. Alors que, devenu commentateur pour la télévision, John McEnroe s’écriait : "Comment Federer peut-il faire un coup gagnant dans cette position ?", l’épouse de Wallace découvrit son mari à genoux devant l’écran, bouleversé par le spectacle. Federer gagna le match ; l’année suivante, il n'en perdit que quatre sur les quatre-vingt cinq qu’il disputa. Wallace écrivit alors pour le New York Times un texte éblouissant (et devenu mythique) où il décortique la gestuelle fédérienne. Il dit s’être inspiré du commentaire d’un conducteur de bus qui lui parlait de son plaisir à observer le jeu de celui qui était alors n°1 mondial: "Une putain d’expérience quasi-religieuse", avait marmonné le chauffeur. "Il y a plusieurs sortes d’explications à la beauté de Federer, écrit David Foster Wallace. L’une d’elles implique le mystère, la métaphysique et est, selon moi, la plus proche de la vérité. Cette explication métaphysique implique que Roger Federer compte parmi les très rares athlètes “surnaturels” qui semblent échapper à certaines lois de la physique. Comme Michael Jordan, qui restait dans les airs plus longtemps que la gravité n’aurait dû le lui permettre, ou comme Mohamed Ali, qui flottait vraiment sur le ring et réussissait à placer deux ou trois coups pendant que les autres n’en plaçaient qu’un. On peut nommer une demi-douzaine d’autres exemples depuis 1960. Et Federer est l’un d’eux – un être que certains appellent génie, ou mutant, ou extraterrestre. Il ne semble jamais bousculé ou hors d’équilibre. La balle s’approche de lui avec un temps de retard."

Comme tous ceux qui ont joué au tennis, nous avons été confrontés à cette notion de temps. Elle nous semble fondamentale en sport comme dans la vie. Temps nécessaire pour aller d'une ligne à l'autre, pour renvoyer un service ou un coup puissant de l'adversaire - pour s'organiser face à lui. Temps qu’on subit ou qu'on s'approprie. Temps qui s'impose ou dont on dispose. Roger Federer a plus de temps que nous, beaucoup plus de temps, un temps infini. "Le temps dure longtemps, et la vie sûrement plus d'un million d'années" chantait Nino Ferrer. Pour Roger (ou Michael Jordan ou Carl Lewis...), qui ont un "œil" et une synchronisation parfaite, le temps dure aussi plus longtemps - tandis qu'il dure, à proportion, beaucoup moins pour ses adversaires, pris de vitesse (tel fut le cas de Nadal en finale à Melbourne et avant lui Berdych ou Nishikori).

Le temps est ainsi une matière fluctuante, qui n'a pas la même durée en fonction des circonstances ou pour chacun d'entre nous. Selon que nous serons pressés ou que nous nous ennuierons, les 60 minutes qui composent une heure filent ou s'allongent. Nos journées au travail ne sont pas les mêmes non plus. Les mêmes agendas ne produisent pas les mêmes effets. Certains d'entre nous ont besoin de temps - pour mener à bien un entretien, pour boucler un dossier, pour conduire un chantier. D'autres font tout deux fois plus vite, portés par d'autres priorités, des dons ou un sens de l'efficacité différent.

En réalité, le secret du temps a partie liée à la vie – et dès lors à l'espoir. Le temps est en profondeur ce qui laisse toujours quelque chose à attendre et à espérer. Par exemple un 19ème Grand Chelem pour Roger Federer ?!... Les paris sont ouverts !

 

Marc Puyoulet, Directeur Général Hudson France

 
0 commentaires
 
 
 
Indiquez-nous vos besoins, Contactez-nous
 
 

Mettre-à-jour InTalentGence

 
 
 
 

Rechercher

 
 
 

A propos de InTalentGence

Le Blog InTalentGence by Hudson offre un regard actuel sur le marché de l’emploi ainsi que les grandes tendances et perspectives des stratégies RH, du Talent management et du Recrutement.
En savoir plus sur Hudson.
 
 

Nuage de mots clés

Talent Management 2016 2017 billet d'humeur business cabinet de recrutement candidat Candidats Cérémonie classement CMN coaching conseil CV dfcg directeur financier Directeur Général DRH De L'année entreprise entretien être heureux au travail étude Evaluation expérience expertise figaro classifield finance formation forum Rhône Alpes France H H de la semaine HR hudson Hudson France Humeur ingénieurs initiative rh Lindal lyon management Marc Puyoulet marché organisation Paris professionnel projet psychologie recrutement recruteur réseaux sociaux Ressources Humaines rh Robotisation Sélection Talent Acquisition Talent Management talents trophée Vacances Valeur ajoutée de l’Humain 2016 2017 A Compétence Egale Accompagner assessment center Attraction Bern Terrel Big data Billet Billet d'Humeur Bonheur Cabinet de conseil en ressources humaines cabinet de conseil RH cabinet de recrutement cadres candidat Candidats Chasseur chasseur de têtes Choc des générations Classement Coach Coaching Compétences Conseil Conseil en recrutement Conseiller conseils Consultant Consultants volontaires Coup de pouce CV daf Digital Directeur Général drh écoute Ecouter Élection présidentielle 2017 Engagement Entreprise engagée Entretien Entretien de recrutement Etre heureux évaluation Fatima Yagoubi Forum emploi seniors Futur génération X génération y H H de la semaine Hdelasemaine Henry James Hiver Hobbies Hudson Hudson France Humeur IA identification Incontournable Industrie Initiative RSE innovation intelligence Intelligence artificielle linkedin Littérature management Marc Puyoulet marque employeur Medef Ile-de-France Mémoire motivation mutation nicole prudhomme Opération Coup de pouce Paris Passion Performance popularité process de recrutement profils qualité du recrutement recrutement Recruteur réseaux sociaux Ressources Humaines rétention des talents réussite RH RPO RSE Sartre sélection Skype sourcing Spinoza Steve Jobs syntec Talent Talent Acquisition Talent Management Talents Vacances
 
 
 

FooterPhone

© 2018 Morgan Philips Group SA – All rights reserved
 
HUDSON

Le groupe Morgan Philips, présent sur 4 continents, est un acteur majeur du secteur du recrutement et du talent consulting grâce à ses solutions innovantes. En moins de 5 ans seulement, le groupe a développé un réseau mondial qui modernise les méthodes traditionnelles de recrutement de cadres dirigeants et d’experts. Morgan Philips offre des prestations de conseils sur mesure, une expertise dans la recherche de talents à l'échelle internationale ainsi que des outils de sourcing digitaux uniques afin d'offrir à ses clients le service le plus performant aux meilleurs tarifs du marché.